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29 mars 2025

Zabou Breitman accusée de « contrefaçon » par une écrivaine

Un film peut-il naître dans l'ombre d'un livre sans en porter officiellement la trace ? C'est la question au cœur du conflit opposant Isabelle Monnin, autrice du roman Les Gens dans l'enveloppe, à la société de production Nolita, accusée d'avoir exploité son œuvre sans autorisation pour le film Le Garçon, réalisé par Zabou Breitman. 

L'histoire remonte à 2015, lorsque Zabou Breitman est choisie pour adapter le roman d'Isabelle Monnin au cinéma. L'année suivante, le 14 mars 2016, la société de production Nolita acquiert les droits d'adaptation de l'ouvrage pour une durée de trois ans. Cependant, le projet cinématographique est abandonné faute de financements. Mais un événement relance les tensions : le 15 mars 2019, soit un jour après l'expiration des droits sur le livre, le conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté accorde une subvention de 120 000 euros à Nolita pour le tournage d'un film qui deviendra Le Garçon. Isabelle Monnin accuse alors la société de production d'avoir continué à exploiter son œuvre sans autorisation, et ce, à son insu.

Dans ce long-métrage, construit comme un documentaire, l'intrigue tourne autour de la quête d'identité d'un jeune homme dont la photo, issue d'un album de famille trouvé en brocante, intrigue par l'absence de souvenirs qu'elle suscite. Dans le livre d'Isabelle Monnin, l'autrice part à la rencontre d'une famille dont elle a trouvé les photos dans un lot acheté dans une brocante et raconte leur histoire. L'ouvrage « augmenté » a été un grand succès littéraire et a donné lieu à un album de chansons.

Pour Maxime Delauney, producteur chez Nolita, les deux projets sont pourtant totalement distincts. Dans une interview accordée à L'Est républicain, il affirme que « les deux œuvres n'ont rien à voir », expliquant que « nous sommes partis d'autres photos de famille et avons fait l'exact opposé du roman ». Isabelle Monnin, quant à elle, dénonce une « contrefaçon » de son œuvre et un cas de « parasitisme ».

« Zabou Breitman prétend que l'idée de son film […] lui aurait été soufflée par une spectatrice à la fin d'un spectacle. Ce qu'Isabelle Monnin demande, c'est simplement que son contrat soit respecté. Le problème, c'est que le producteur n'a pas levé l'option, mais a tout de même continué à développer le film. Je n'avais jamais vu une telle situation », a déclaré Vincent Toledano, l'avocat de l'autrice.

De son côté, l'avocat de Nolita, Benjamin Sarfati, affirme qu'Isabelle Monnin a « constamment refusé la médiation ». Tout en reconnaissant qu'« il y a une idée de départ qui est la même », il insiste sur le fait que « l'histoire est différente » et accuse l'écrivaine de chercher à « saboter la sortie du film ».

Le tribunal judiciaire de Paris tranchera cette affaire à partir du 3 juin, date de la première audience.

Source : Le Point

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27 mars 2025

Fermeture définitive d'une bibliothèque faute de lecteurs dans les Ardennes

La bibliothèque de Pouru-aux-Bois dans les Ardennes va bientôt fermer ses portes. Une grande vente de ses livres est organisée, le samedi 29 mars 2025, dont le fruit sera reversé pour la bonne cause.

« Depuis quelques années, nous constatons un réel désamour du public, pour notre bibliothèque, signale Ginette Nolevaux, l’adjointe au maire. Et c’est pour cela que nous avons décidé de faire le vide des livres, afin de remettre l’argent de cette vente au CCAS (Centre communal d’action sociale). »

Dans un premier temps, la Ville a craint que tous ces manuels finissent à la déchèterie. « Nous avons préféré que ces quelque 300 livres reviennent au public. Et c’est d’ailleurs l’acheteur qui en fixera le prix. » Cette bibliothèque située à la Grande rue avait une dizaine d’années. Sa fin chagrine Ginette Nolevaux qui y voit : « Un manque d’intérêt des gens en général pour la lecture. Internet, les livres numériques y sont pour beaucoup. »

Pourtant, Pouru-aux-Bois mettait en place de nombreuses permanences à la bibliothèque, « mais les lecteurs venaient de moins en moins, ajoute l’adjointe. Cette décision de fermeture a été prise la mort dans l’âme. Mais, il faut à présent tourner la page et donner un autre destin à ce bâtiment. C’est une ancienne école qui ne manque pas de nouvelles perspectives. »

La bibliothèque ouvrira ses portes une dernière fois au public toute la journée du samedi 29 mars 2025, et Ginette Nolevaux promet un accueil digne de ce nom.

« Le matin les bénévoles offriront le café à toutes les personnes présentes et l’après-midi on fera des gaufres pour tous, histoire de garder un accent de joie et surtout de finir cette activité en beauté. »

Source : L'Ardenais

26 mars 2025

58,4 M€ répartis par le CFC en 2024

Le CFC reverse plusieurs fois par an, aux auteurs et aux éditeurs, les droits qu’il perçoit auprès des organisations avec lesquelles il a signé une licence qui les autorise à partager légalement des contenus de presse et de livres.

En 2024, le CFC a ainsi mis en répartition 58,4 M€, soit 3,8 M€ de plus qu’en 2023, au titre des rediffusions des contenus de la presse et du livre effectuées par les entreprises et le secteur pédagogique.   45 % des droits reversés concernes le livre. En voici la répartition :

  • 63% pour le livre scolaire,          
  • 20% pour le livre universitaire,
  • 9 %   pour livre de loisirs,          
  •  8 %  pour la littérature générale. 

Ses droits ont été perçus pour 47 400 livres français. La répartition pour les éditeur a été la suivante :

  • 9 éditeurs ont reçu des droits de copie pour 1 000 à 4 000 de leurs publications,
  • 80 éditeurs ont reçu des droits de copie pour 100 à 1 000 de leurs publications,
  • 312 éditeurs ont reçu des droits de copie pour 10 à 100 de leurs publications,
  • 1 395 éditeurs ont reçu des droits de copie pour 2 à 10 de leurs publications,
  • 2 541 éditeurs ont reçu des droits de copie pour 1 seule publication.

53 % des droits proviennent de rediffusions numériques de contenus de livres et de presse
Les montants reversés proviennent des droits dus aux auteurs et aux éditeurs pour les rediffusions de leurs contenus sous format numérique ou papier :

  • rediffusions de contenus de publications par les entreprises, en interne, à des contacts professionnels extérieurs ou sur les réseaux sociaux & les sites corporate ,
  • contenus de livres et de presse intégrés dans les supports de cours ou de formation et rediffusés aux élèves, étudiants et stagiaires,  
  • prestations de veille d’information média, web et audiovisuelles BtoB effectuées par des sociétés et plateformes spécialisées dans cette activité,
  • stockages numériques de contenus de presse effectués par les particuliers sur les smartphones, disques durs externes, clés usb...

53 % des droits reversés en 2024 proviennent de rediffusions numériques et 47 % sont issus de la copie papier. Ces proportions se sont inversées en 4 ans : 52 % pour la photocopie et 48 % pour les rediffusions numériques, en 2020.

25 mars 2025

Lauréats des prix Sorcières 2025

Les prix Sorcières ont récompensé six œuvres jeunesse. Dans la catégorie Carrément Beau mini, le prix est revenu à 7 Comptines d'oiselles et d'oiseaux de Sarah Cheveau paru au Edition Thierry Magnier.  C’est une toute petite boîte avec dedans 7 petits livres. Tout commence par un œuf sur le point d’éclore, et Crac ! Un peu plus loin, le drôle de bonjour du Coucou se fait entendre, et quelques arbres ! Un plus tard, les coups de bec du Pic, Tac et reTac… 7 petites vadrouilles qui titillent les yeux et les oreilles entraînant vers la découverte. Des oiselles, des oiseaux, des bruits, des formes, des sons, des chants, des couleurs et des mots, autant de fenêtres ouvertes, parfois clin d’œil aux comptines d’autrefois, par lesquelles s’envolent onomatopées et phrases rigolotes pour rythmer la journée des tout-petits. 1, 2, 3… jusqu’au numéro 7, ce cheveu volé par le vent, dont le martinet fera un nid douillet pour boucler la boucle. Naître, s’étonner, grandir, prendre le temps, apprendre, avancer, partager, il y a tout ça dans cette petite boîte... et bien plus encore. Dans la catégorie Carrément Beau maxi, le livre intitulé Un Abri d'Adrien Parlange paru aux Edition La Partie qui remporte le prix . Pour la catégorie Carrément Passionnant mini, c'est le  roman illustré à la plume de Yeonju Choi L'étoile de Mo paru chez Actes Sud qui a été primé. C'est l'histoire d'un jeune chat nommé Mo, curieux, mais peureux, partant à travers bois à la recherche d’une étoile aperçue une nuit d’insomnie.   Dans la catégorie Carrément Passionnant maxi,  le jury a choisi  un roman d’aventure richement documenté et inspiré de la vie de Ching Shih, pirate aussi puissante que redoutée dans la Chine du XIXe siècle. Il est intitulé La plus Grande édité par L'école des Loisirs et écrit par Davide Morosinotto. Dans la catégorie Carrément Sorcières fiction, le lauréat est Mon nom est Billy des Nuages d'Éva Offredo.  Pour la catégorie Carrément Sorcières non-fiction,  c'est le documentaire Qu’est-ce qu’une frontière ?  qui a gagné. Il était écrit par Gudol et Haerang édité par Les éditions La Patrie.

25 mars 2025

Le Nauti-poulpe géant inauguré à Amiens

Hier, le lundi 24 mars, la monumentale sculpture en bronze du Nauti-poulpe a été dévoilée aux Amiénois. Fabriquée en Haute-Saône, la créature inspirée de l'univers de Jules Verne a trouvé sa place devant la Halle Freyssinet après une escale de quelques semaines à Bruxelles. Plusieurs centaines de personnes sont venues assister à son inauguration.

"Je pensais que ça allait être plus grand que ça !", s'étonne une habitante venue assister à l'inauguration du Nauti-poulpe devant la Halle Freyssinet d'Amiens, ce lundi 24 mars.

C'est pourtant une imposante sculpture de 12 tonnes et dont le plus haut tentacule culmine à six mètres de haut qui s'est dévoilée.  La créature a été installée sur un bassin, donnant l'impression que le gigantesque poulpe est en train de sortir de l'eau. 

Un autre Amiénois trouve, lui, que c'est "une belle œuvre, dans laquelle retrouve bien l'esprit du Nautilus".

La sculpture, fabriquée dans une fonderie de Haute-Saône, est en effet un hommage à l'univers de Vingt mille lieues sous les mers, à l'occasion des 120 ans de la mort de Jules Verne. C'est un Belge, François Schuiten, qui l'a imaginée. Il était présent pour cette soirée d'inauguration. 
"Je suis très heureux que cette aventure qui a duré sept ans, qui a été parfois sinueuse et pleine de doutes, mais aussi magnifique, avec des rencontres et des bonnes fées locales qui nous ont permis d'y croire, et d'y croire longtemps, se termine, a-t-il confié à notre équipe de journaliste. Il a été conçu pour Amiens, vraiment pour ce lieu, avec ce bassin, alors il y a forcément du plaisir à voir se réaliser ce genre de choses."

Un bonheur partagé par l'équipe municipale. "Avec ce bronze animé d'une âme, on peut dire que le rêve prend corps, a déclaré le maire Hubert de Jenlis dans son discours d'inauguration. Jules Verne revit au cœur de la ville qui fût la sienne".

À l'origine, le Nauti-poulpe devait trôner devant la gare d'Amiens, mais il était trop lourd pour être installé à cet endroit-là. C'est donc devant la Halle Freyssinet que la structure a été installée, dans un quartier encore en grande partie en construction.

"On s'est finalement positionné sur ce site parce qu'on est dans un quartier de l'innovation, qui est complètement nouveau et en plein développement, et c'est le quartier qui correspond le plus à ce qu'a représenté Jules Verne, à toute son œuvre dans laquelle il a imaginé des choses incroyables", justifie Alain Gest, président d'Amiens Métropole. 
De l'université qui porte son nom au buste de l'auteur sur la place de l'hôtel de ville, en passant par le réseau de bus Némo, la ville d'Amiens multiplie depuis longtemps les références et les hommages à l'auteur qui a vécu plus de trente ans dans la capitale picarde, et y a même été conseiller municipal. Il repose d'ailleurs au cimetière de la Madeleine. Et les Amiénois ont encore des idées pour faire vivre toujours plus la mémoire de l'écrivain.

"Ce qui serait intéressant, ce serait par la suite de faire quelque chose en rappel à la statue au Crotoy, qui a beaucoup compté pour Jules Verne", imagine un passant.

Il est vrai que l'auteur était un amoureux de la baie de Somme. 

Source  : France 3 Hauts de France

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24 mars 2025

Les français et la lecture numérique en 2024

Lors du dévoilement du Baromètre du numérique réalisé par le CREDOC, publié par l’Arcep, le Conseil général de l’économie, l’Arcom et l’ANCT, un focus a été réalisé sur le livre numérique.

Selon cette étude, en 2024, 36 % des Français lisent ou envisagent de lire des livres numériques, une proportion inchangée depuis 2020. Par ailleurs, l’écart entre les sexes se réduit pour l’adoption des ebooks: 37 % des hommes sont concernés contre 35 % des femmes, marquant une différence de seulement deux points. Les 12-17 ans et les 18-24 ans sont les grands champions de cette transition. Entre 2020 et 2024, la lecture numérique chez les 12-17 ans a bondi de 16 % à 26 %, tandis que les 18-24 ans ont vu leur taux de lecture d’ebooks augmenter de 27 % à 35 %. Toutefois, cette popularité diminue après l’âge de 40 ans, où les chiffres restent stables.
Les diplômés de l’enseignement supérieur et les cadres adoptent majoritairement le format numérique. En 2024, 45 % des diplômés lisent ou prévoient de lire en numérique, tandis que 51 % des cadres et professions intellectuelles supérieures sont également concernés.
Les habitants de l’agglomération parisienne montrent eux aussi un attrait marqué pour cette forme de lecture, avec 49 % d’adoption.
Malgré ces chiffres, l’attachement au livre papier reste fort. En effet, 78 % des Français le préfèrent dans l’idéal, une tendance encore plus marquée chez les plus âgés : 81 % des 12-17 ans, 83 % des 40-59 ans et 85 % des 60-69 ans privilégient le papier. (voir graphique ci-dessus).

Source : Idboox

23 mars 2025

Réouverture de la bibliothèque de Johannesburg après 5 ans de fermeture

La bibliothèque de Johannesburg  avait fermé ses portes en 2020 à cause des restrictions Covid. Mais depuis, elle n’avait jamais rouvert jusqu’à ce vendredi 21 mars 2025. Les habitants de Johannesburg retrouvent enfin leur bibliothèque municipale. Un immense bâtiment d’époque qui trône en plein cœur de la ville. Que serait une bibliothèque sans ses étudiants. Le jour de la réouverture, certains sont donc là… impatients de pouvoir entrer après cinq longues années d’attente. Dumiso a 17 ans et porte l’uniforme de son lycée : « Je suis très enthousiaste. De l'extérieur, l'architecture de cette bibliothèque est si impressionnante qu'elle laisse entrevoir tout le savoir qu'elle renferme. Et sa fermeture a été un obstacle pour de nombreux étudiants, qui n'ont pas les moyens d'acheter les livres. »

Raison pour laquelle des associations se sont battues pour la réouverture. « Nous avons donc organisé cette grande manifestation l'année dernière et tout d'un coup, nous avons été invités aux réunions avec les parties prenantes, raconte Flo Bird, fondatrice de Johannesburg Heritage. À chaque fois, on demandait : "À quand la réouverture ?" Parce que l'accès public à l'information est un droit de l'homme. »
À l’intérieur, l’engagement de sa fondation est saluée par le maire de la ville. Ensemble, ils parcourent les lieux, le regard émerveillé, guidés par Themba Mathibe, président d’une agence de développement, en charge des infrastructures : « On voit les tuyaux rouges pour les incendies. En cas de départ de feu, l'eau arrive automatiquement. Ici, au plafond, vous pouvez voir que tous les câbles électriques sont blancs, propres. Ils ont été changés. »

Une rénovation à 4 millions d’euros. Mais pour l’instant l’escalier est encore condamné. Car le premier étage n’est pas encore prêt. La réouverture complète aura lieu au mois d'août.

Source  : RFI

22 mars 2025

Un accès restreint « non fondé » pour les Canadiens à la bibliothèque Haskell

« Incompréhensible » et « antiaméricain ». Quelques citoyens américains sont venus témoigner leur soutien aux Canadiens, vendredi, après que l’administration Trump a annoncé la fin d’une règle non écrite centenaire permettant à ces derniers d’accéder librement à une bibliothèque à cheval sur la frontière entre le Canada et les États-Unis.

« Ça me crève le cœur. Ce que Donald Trump est en train de faire est une tragédie, ça pousse le Canada à devenir un allié de la Chine plutôt que des États-Unis, leur allié de toujours », a déploré Gus, un citoyen américain venu lire un discours enflammé devant la bibliothèque centenaire.

La bibliothèque et salle d’opéra Haskell, à Derby Line, au Vermont, est unique en son genre. La frontière canado-américaine y passe littéralement entre deux rangées de livres pour enfants. Sa porte d’entrée est située à une dizaine de mètres de la frontière sur le territoire américain, mais les Canadiens ont toujours pu y accéder sans devoir se soumettre au préalable à un contrôle au poste-frontière, pourvu qu’ils s’y rendent en restant sur le trottoir d’une petite rue transfrontalière. Des caméras installées du côté américain surveillent les allées et venues depuis plusieurs années. Mardi, la direction a cependant été informée par des responsables américains que cette entente historique ne tient plus. La décision fait suite à une visite récente de la secrétaire à la Sécurité intérieure, Kristi Noem, et de représentants de l’U.S. Border Patrol, qui ont évoqué des risques de sécurité en discutant devant ses dirigeants.

« C’est absolument non fondé », déplore la députée fédérale de Compton–Stanstead, Marie-Claude Bibeau.

« Je veux juste dire que je suis absolument contre cette décision, c’est totalement antiaméricain », dénonce pour sa part Penny Thomas, une Américaine de Newport, au Vermont, venue manifester pancarte à la main devant l’immeuble.

La fin de l’entente historique force l’établissement, qui est entièrement financé par des dons du public, à construire une nouvelle entrée pour les usagers canadiens. Une sortie de secours qui se trouve sur le côté de l’immeuble, sur le sol canadien, sera convertie en porte d’entrée.

« On estime que ça va coûter plus de 100 000 $ », indique la présidente de la fiducie qui chapeaute la bibliothèque, Sylvie Boudreau.

Une campagne de sociofinancement a été lancée, et les administrateurs ont sollicité différents ordres de gouvernement pour obtenir de l’aide financière.

« Vous pouvez aussi encourager la bibliothèque et salle d’opéra en participant à nos activités. Venez voir nos films, nos spectacles, amenez vos enfants. Pour nous, à l’intérieur de la bibliothèque, malgré cette fermeture, c’est business as usual », affirme Mme Boudreau.

Dans le petit village frontalier de Stanstead, où les citoyens passent régulièrement d’un côté à l’autre de la frontière pour faire des courses ou participer à des activités sportives ou sociales, la fin de l’accès libre à la bibliothèque revêt un caractère hautement symbolique.Dans le petit village frontalier de Stanstead, où les citoyens passent régulièrement d’un côté à l’autre de la frontière pour faire des courses ou participer à des activités sportives ou sociales, la fin de l’accès libre à la bibliothèque revêt un caractère hautement symbolique.

« Cette façon de faire témoigne de la coopération et de l’amitié de nos deux pays », dit le maire, Jody Stone, qui reconnaît son impuissance à faire reculer l’administration Trump dans ce dossier. « Peu importe ce que fera cette administration, nous sommes amis pour toujours. Ce n’est pas un homme à lui seul qui va enlever ça. Nous buvons la même eau, partageons le même système d’égouts », souligne le maire.

« Bien que cette nouvelle n’ait aucun sens, elle ne viendra pas miner la merveilleuse relation qui unit nos deux communautés », croit aussi la députée Marie-Claude Bibeau.

Source : La Presse 

21 mars 2025

Le marché québécois du livre en forte hausse en 2024

Depuis 2021, le marché du livre québécois ne s'est jamais aussi bien porté. C’est ce que montre le bilan annuel Gaspard publié par la Banque de titres de langue française (BTLF) et dont les premières pages sont proposées en libre accès. Selon l'étude, qui n’inclut pas les données de certaines grandes chaînes de librairies, les recettes des ventes en librairie ont augmenté de +6,9% en valeur et +4,6 % en volume en 2024, soit la deuxième progression la plus importante depuis 2012 (qui n’égale donc pas le bond exceptionnel de +16,3% en valeur en 2021). Cela est dû notamment à l’augmentation des achats effectués par les collectivités (+11,6% par rapport à l’an dernier). Ce dynamisme est aussi à mettre au crédit de l’édition québécoise, dont les ventes progressent de +8,5% tandis que la production étrangère enregistre une croissance plus mesurée de +4,8%.  Au total, le chiffre d'affaires généré en 2024 par les 321 points de vente (représentant 119 entreprises) inclus dans le bilan annuel Gaspard s'élève à près de 250 millions de dollars canadiens, soit environ 160 millions d'euros.
Les catégories littérature et jeunesse représentent à elles deux plus de la moitié du marché (53,5%) et font figure de locomotives avec des hausses des ventes respectives de +10,9% et +11,4%. L’initiative du ministère de l'éducation québécois octroyant 300 dollars par classe pour l’achat d’un livre jeunesse de la province explique partiellement cette augmentation. Au sein de la catégorie littérature, l'étude note en particulier le bond de +59,6 % de la littérature sentimentale (la romance) qui, « après la hausse de +53,3 % en 2023, vient doubler ainsi ses ventes en l’espace de deux ans. » Au contraire de la jeunesse, les titres les plus vendus de ce secteur sont principalement écrits par des auteurs américains, notamment Colleen Hoover et Ana Huang.  Le livre pratique connaît lui aussi un petit rebond de +2,2% depuis la pandémie tandis que, pour la première fois et après des années de forte croissance, la bande dessinée termine presque à l'équilibre (+0,4%). 

Le bilan Gaspard propose également le palmarès des 200 meilleures ventes de 2024 au Québec. Si les deux auteurs en tête des ventes (Marc Lachapelle avec Le Guide de l'auto 2025  édité par L’Homme et Janette Bertrand avec Cent ans d'amour. Réflexions sur la vieillesse édité par Libre Expression) sont québécois, le troisième de ce classement n’est autre que l’écrivain français Guillaume Musso avec son roman Quelqu’un d’autre édité par Calmann-Lévy et écoulé à plus de 400 000 exemplaires en France selon GFK.  Les 7 autres livres de se classement sont :

  •  Rue Duplessis. Ma petite noirceur de Jean-Philippe Pleau édité par Lux,
  • Civilisés de Patrick Senécal édité par Alire,
  • le tome 2 de Mon premier livre de recettes de Ricardo Larrivée édité par La Presse,
  • Un animal sauvage de Joël Dicker édité par Rosie & Wolfe,
  • Là où je me terre de Caroline Dawson édité par Remue-ménage,
  • Bescherelle. L’art de conjuguer, Collectif édité par Hurtubise,
  • C'est mon cerveau ! d'Élise Gravel édité par Scholastic.

La BTLF dévoile ici en libre accès les 50 premières places de son top 200 des meilleures ventes de livres au Québec en 2024.

20 mars 2025

Annulation de la publication du livre destiné à l’opération « Un livre pour les vacances »

Il ne décolère pas. L’auteur de bande dessinée Jul s’apprêtait à rejoindre les auteurs de BD ayant participé à l’opération « Un livre pour les vacances » destiné aux élèves de CM2. Ce ne sera vraisemblablement le cas. La veille du lancement de l’impression à 900.000 exemplaires de l’album La Belle et la bête illustré par Jul d’après le texte de Jeanne-Marie Leprince de Beaumont, ce classique jeunesse a été tout bonnement annulé par le ministère de l’Éducation nationale.

Un « fait sans précédent », affirme l’auteur de Silex and the City. «Techniquement, compte tenu du nombre de livres concernés devant rejoindre les mains des jeunes lecteurs, c’est peut-être même la plus grosse affaire de censure jamais survenue dans l’édition en France », estime-t-il.


Initiée il y a sept ans par l’ex-ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer en partenariat avec la RMN, l’opération « Un livre pour les vacances » vise à offrir aux élèves de CM2 un classique de la littérature française avant l’entrée au collège. Cette année, le choix s’était porté sur une œuvre du XVIIIe siècle : La Belle et la Bête, par Jeanne-Marie Leprince de Beaumont.

« J’ai été choisi pour illustrer ce texte, dans le style reconnaissable de mes autres créations, déclare l’intéressé dans un communiqué de presse. La marque de fabrique de mon travail recherché par le cabinet du ministre à l’origine de ce choix appartient à un courant important de la littérature dessinée française, porteur d’un second degré héritier de Gotlib , Goscinny , ou Tomi Ungerer . »

L’ouvrage a même bénéficié d’une préface élogieuse signée par la ministre de l’Éducation Élisabeth Borne. Que raconte ce classique de la littérature jeunesse qui soit de nature à être censuré, même illustré par le facétieux Jul, auteur de La Planète des Sages ou de 50 Nuances de Grecs ? Une jeune fille prénommée Belle accepte d’être retenue prisonnière d’un monstre pour délivrer son père. Mais la Bête à l’apparence terrifiante cache en réalité un prince au cœur d’or. Peu à peu, la Belle et la Bête tombent amoureuses, brisant le sortilège jeté par la méchante sorcière. La morale de l’histoire étant qu’il ne faut pas se fier à l’apparence d’autrui et compter sur la bonté du cœur.

Il semble bien que ces préceptes aient quelque peu échappé à la Direction générale de l’Enseignement scolaire (DGESCO). Au dernier moment, ce service du ministère a décidé d’annuler l’important tirage (900 000 exemplaires). S’agit-il d’une coupe économique ou bien cette annulation soulève-t-elle des questions plus préoccupantes sur l’étonnante dérive idéologique d’une institution gardienne des valeurs républicaines ?

Pour justifier l’annulation pure et simple de cet ouvrage dont l’objectif est d’amener la jeune génération vers le plaisir de la lecture grâce aux vertus de l’humour, la Direction générale de l’Enseignement scolaire a expliqué que « le rôle du ministère de l’Éducation nationale (…) est de permettre aux élèves d’acquérir une culture, des connaissances et des compétences - dont l’esprit critique - de façon adaptée à leur âge, à leur maturité et de manière accompagnée. »
L’année du dixième anniversaire des attentats contre Charlie Hebdo, alors que le président Donald Trump met à l’index des milliers de livres dans les écoles américaines, il semble pour le moins surprenant qu’une opération de cette envergure puisse avoir été résiliée en France. « J’ai honte de cette inconséquence politique qui envoie un signal de reprise en main de la liberté d’expression et de mise au pas, déplore Jul. Cette censure est une première défaite : la laisser passer en annonce cent autres.»

Source : Le Figaro

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