Fermeture le 30 juin de la bibliothèque la Pérouse à l'Université de Bretagne occidentale
En pleine année de la mer, la bibliothèque la Pérouse (BLP), dédiée aux sciences marines et située sur le campus de Brest-Plouzané (Finistère), devrait fermer ses portes d’ici le 30 juin 2025. Le vice-président de l’Université de Bretagne occidentale (UBO) en charge de la mer, Vianney Pichereau, est venu présenter le devenir de cette institution gérée conjointement par l’UBO et l’Ifremer, ce mardi 11 février 2025, devant un amphi d’étudiants, professeurs et personnels.
« La BLP est largement sous-utilisée et depuis longtemps. L’essor des ressources électroniques a conduit à une utilisation et un prêt extrêmement faible. »
La BLP, ouverte en 2003 avec 37 000 ouvrages, 2 800 titres de revues et une vue imprenable sur la rade de Brest, pouvait avoir l’ambition de devenir une bibliothèque d’intérêt national. Un rapport de 46 pages dessinant de belles perspectives d’avenir a été rendu en 2021 à la présidence de l’UBO. Il est resté lettres mortes. Aujourd’hui, la situation financière n’est brillante ni du côté de l’UBO ni du côté de l’Ifremer. Ce dernier souhaite réintégrer ses six salariés-documentalistes dans ses locaux ; ils ne feraient donc plus d’accueil du public. L’UBO, dont le dernier employé est parti de la BLP en 2021, veut désormais « rationaliser » l’utilisation ce site de 600 m², qui lui appartient. En clair : créer des salles de travail, des bureaux et aménager des espaces de coworking au profit des chercheurs et étudiants de l’Institut universitaire européen de la mer (IUEM). Les étudiants de Plouzané devront se rendre à la bibliothèque universitaire de l’École nationale d’ingénieurs de Brest, à dix minutes à pied. « On pourrait y mettre les livres les plus empruntés de la BLP », propose Vianney Pichereau. Les fonds, à 70 % issus de l’Ifremer, devraient tous rester au sous-sol de la BLP. Les ouvrages de l’UBO sont déjà empruntables dans toutes les bibliothèques universitaires.
« Un travail devra être fait pour l’accession aux fonds de l’Ifremer. »
Reste la question des fonds achetés en commun. « Il y en a pour un travail d’un à deux ans d’inventaire », prédisent, incrédules, David Fernandes et Megan Quimbre, les salariés-documentalistes de l’Ifremer présents dans l’amphithéâtre. Pour eux, c’est tout leur travail auprès des 5 600 personnes accueillies en 2024 dont la formation des 400 étudiants qui est menacé avec cette fermeture. « En fermant la BLP, ils ne se rendent pas compte du service qu’on leur rend en formant les futurs doctorants et chercheurs. »
« Ce n’est pas un petit sujet, insiste Yves-Marie Paulet, ancien directeur de l’IUEM qui a participé à la création de la BLP. Une bibliothèque est un des fondamentaux de ce qu’est une université, là où les gens se croisent et échangent. C’est triste de se poser la question d’à qui appartiennent les fonds, alors que notre projet était justement de tout mettre en commun. »
Une convention de coopération renforcée avec l’Ifremer est en cours de rédaction. Elle pourrait définir les modalités d’emprunt des riches fonds documentaires de l’Ifremer.
Source : Ouest France
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