Dans un courrier envoyé ce mardi 18 mars aux salariés, les élus du CSE de Hachette Livre s’en prennent violemment à leur nouvel actionnaire depuis plus d’un an, le groupe Vivendi, propriété de Vincent Bolloré. Dans une longue liste de griefs, ils dénoncent la dérive idéologique du groupe d’édition et de sa maison Fayard. Le point de rupture ? La publication du livre de la journaliste russe Xenia Fedorova, ex-directrice de la chaîne Russia Today en France, devenue l’égérie des plateaux de CNews. « Les éditions Fayard franchissent une ligne rouge avec la publication de cette personnalité désignée par les experts comme la 'cheffe de la propagande française du Kremlin' », écrivent-ils.
Plus généralement, les élus du personnel s’inquiètent de voir leur groupe pencher vers les idées d’extrême droite, défendues par les autres médias de Lagardère.
« Les salariés de Hachette ne supportent pas d’être associés au groupe Bolloré, alors que les valeurs fondatrices de Hachette sont à l’opposé des idées désormais promues », peut-on lire. Les élus craignent ainsi que ce virage politique ne fasse peser un « risque industriel » sur Hachette. Les premiers effets s’en feraient déjà sentir, affirme ce courrier qui décrit une crise de confiance auprès de ses partenaires : « rupture de contrat en diffusion/distribution, boycott des libraires, des enseignants, des lecteurs, départ ou non recrutement d’auteurs, de salariés… »
Les élus terminent leur lettre par un appel à témoignages anonymes. « Indignez-vous, résistez, écrivent-ils, témoignez de ce que vous entendez. » La colère couvait déjà depuis un moment. En novembre dernier, plusieurs éditeurs du groupe Hachette s’étaient confiés à Challenges sur leur agacement de voir le JDD et le JD News, un « journal d’opinion donnant une part très large aux opinions de l’extrême droite » disent aujourd’hui les élus, sur les présentoirs de l’accueil dans ses bureaux. La publication du livre de Jordan Bardella, en octobre dernier, a été l’étincelle qui a poussé les salariés à sortir de leur réserve et à critiquer ouvertement la nouvelle stratégie de Fayard, incarnée par sa directrice Lise Boëll, et où pèse l’ombre de l’éditeur Nicolas Diat, en odeur de sainteté dans la maison.
D’autres alertes ont déjà été émises par les syndicats et plusieurs courriers envoyés à la direction à propos de la présence de ces « présentoirs ». Mais le tournant pro-russe marque un tournant. Eliane Calmann-Lévy, actionnaire minoritaire de l’une des maisons du groupe, rappelle que sa famille « a toujours combattu tous les totalitarismes » et qu’elle le fera pour « la Russie de Poutine ». Elle insiste : « Hachette n’a pas à devenir un instrument politique partisan ». Auprès de ses salariés, la direction du groupe invoque la « liberté d’expression », devenue un irritant chez Hachette. « Plus personne ne peut supporter ce mot », témoigne un salarié de l’une de ses maisons d’édition, qui souhaite rester anonyme.
Cette évolution n’a pour l’instant pas impacté les chiffres du groupe, qui reste en bonne santé. La maison mère de Hachette, Lagardère Publishing, a dégagé 2,8 milliards d’euros dans l’édition et la presse l’an dernier avec une légère baisse du chiffre d’affaires (-3 %) qui s’explique par l’absence de nouvelle parution d’Astérix et l’attente d’une réforme des programmes scolaires, véritable arlésienne de l’édition depuis au moins quatre ans. Deux de ses auteurs, Gaël Faye (Grasset) et Sandrine Collette (JC Lattès) ont été récompensés à l’automne dernier par le prix Renaudot et le Goncourt des Lycéens, lui assurant de belles entrées. Sur le reste ? Contactée, la direction de Hachette n’a pas répondu à nos sollicitations.
Le 14 mars 2025, le président américain Donald Trump a signé un décret exécutif qui prévoit de supprimer sept agences fédérales jugées « inutiles », dont l’Institute of Museum and Library Services (IMLS), l’unique organisme fédéral dédié au financement des bibliothèques et musées aux États-Unis par le biais de subventions, d'un soutien à la recherche et d'initiatives de politique publique.
Cette décision, qui s’inscrit dans une politique générale de réduction de la bureaucratie fédérale de la part de Donald Trump, suscite une vive opposition du secteur, notamment de l’American Library Association (ALA), la principale organisation professionnelle des bibliothécaires, qui a publié un communiqué revendicatif à cette occasion. Selon elle, cette décision mettrait en péril le financement, et donc les dispositifs et services proposés aujourd'hui, des 125 000 bibliothèques du pays.
Avec un budget de 295 millions de dollars en 2024, l’IMLS finance des bibliothèques et musées, en particulier dans les zones rurales et défavorisées qui bénéficient de dispositifs d’alphabétisation, d’accès à internet et d’aide à l’emploi, par exemple. Le décret signé par Donald Trump impose la suppression de toutes ces fonctions non obligatoires et la réduction des services restants au strict minimum légal.
En réponse, l’ALA demande au président Trump d’annuler cette décision et exhorte le Congrès ainsi que les citoyens à défendre le financement des bibliothèques. Elle les invite à contacter leurs représentants politiques et à se mobiliser dans les espaces publics. Dans son communiqué, l’association souligne que « 0,003 % du budget fédéral » est transformé en programmes et services qui suscitent 1,2 milliard de visites en personne chaque année, ainsi que de nombreuses autres visites virtuelles.
Surprise : le marché des guides touristiques est en net repli. Voilà le principal enseignement des données fournies par GFK pour l'année 2024, cela après deux années d'exceptionnelle embellie au sortir de la crise du Covid-19. En volume, le marché perd 6,3 % et, en valeur, il affiche 3 % de perte par rapport à l'année précédente. Un recul important et surprenant au regard des chiffres de bonne santé de l'industrie du voyage sur la même année, que chaque acteur de l'édition touristique interprète différemment : conjoncture politique instable en France pour les uns, impact de la loi Darcos sur les frais de port du livre pour les autres, incertitudes géopolitiques mondiales et effet JO pour les troisièmes...
« De manière générale, je crois que nous avons tous été surpris par l'ampleur du repli », résume Dominique Bovet, directeur éditorial de Lonely Planet France.
« Mais ses raisons sont extérieures aux mondes du tourisme et de l'édition, et c'est une grande chance », veut croire Philippe Gloaguen, créateur et directeur du Routard.
Cette baisse de régime se reflète avant tout sur la première destination touristique des Français : la France. Les ventes de guides touristiques hexagonaux reculent de 13,1 % en volume (et jusqu'à 37 % pour Paris), et de 10 % en valeur. Devant, les guides Europe résistent un peu mieux (-6 % en volume, -3 % en valeur) et, confirmant la tendance de l'an passé, les guides monde limitent le mieux la casse, reculant de seulement 2 % en volume, et gagnant même 0,6 % en valeur. Des constats qui se vérifient globalement dans les ventes des leaders du marché.
« L'effet météo et la conjoncture difficile en France, couplés aux prix de la destination, ont accéléré le recul des ventes. Le monde, porté par la reprise du tourisme international et des trafics aériens, nous a permis de sauver la mise, et nous continuons à investir dans ce sens : plus sur le monde que sur la France », confirme Philippe Orain, directeur des guides Michelin Voyage et Cultures.
« Malgré la baisse, la France reste évidemment leader de nos ventes avec la proche Europe. Mais l'appétence pour l'Asie, à l'exception de la Chine et de l'Inde, est certaine et surprenante », ajoute Philippe Gloaguen.
La tendance, déjà forte, des voyages en Asie se renforce en effet, grâce à des destinations beaucoup plus abordables que la France et l'Europe. Il se murmure que, pour les périodes de pointe, il est plus économique d'aller une semaine au Japon, vols compris, que dans un camping du sud de la France... Tokyo, Vietnam, Thaïlande ou Indonésie : toutes ces destinations font partie des plus grands succès de l'année des éditeurs.
« Nos deux cartons de 2024 ont été l'Albanie et le Japon, que nous avons dû réimprimer d'urgence au bout de quatre mois. C'est rare que l'on se fasse surprendre ainsi », raconte Dominique Bovet. Surprise japonaise que confirment à l'unisson ses confrères, tout comme la montée en puissance des destinations d'Europe du nord.
« La Norvège a été la grosse surprise de l'année chez nous, et l'Europe du Nord a presque pris le pas sur les destinations traditionnelles d'Europe du sud », glisse Philippe Orain chez Michelin. La Laponie, l'Écosse ou l'Irlande ont aussi fait leur entrée dans le top ventes de plusieurs éditeurs.
Au-delà des mises à jour incessantes des guides, les éditeurs continuent de miser sur les beaux livres et les albums illustrés grand format. Malgré le fort recul des ventes sur le segment (-20 % environ en volume comme en valeur sur les ventes de beaux livres France en 2024) et les risques économiques que le format implique, la bataille reste féroce et l'investissement continu. C'est le cas avant tout du Routard (Randonnées en Europe, 1 000 expériences autour du monde, 30 city-trips en train en Europe...), qui veut transformer l'essai des succès surprises qu'ont été ces dernières années Voyages (140 000 exemplaires écoulés d'après l'éditeur) et Les 50 plus beaux voyages à faire dans sa vie (90 000 exemplaires).
« C'est une stratégie qui vient en complément des guides, une façon de compenser une certaine érosion du marché », analyse-t-on à la direction de Lonely Planet France, maison qui continue (comme les autres) de miser sur des albums illustrés axés sur l'itinérance, le vélo, les micro-aventures, la randonnée... « C'est un segment dynamique du marché qui, même s'il est en recul, pèse toujours lourd en valeur. Nous allons continuer de lancer beaucoup de titres, sur le train, sur l'Asie, sur les vacances en pénichette... », décrypte Hélène Firquet, directrice éditoriale de Gallimard Loisirs. « Le format est propice à l'inspiration, mais c'est une stratégie qui doit être raisonnable et se faire avec beaucoup de sens », ajoute Cécile Petiau, directrice éditoriale pour l'Illustré chez Hachette tourisme, maison qui a édité avec succès Voyager en train avec HOURRAIL fin 2024.
Pour d'autres, l'exercice reste trop périlleux. « Je n'arrive pas trop à voir le modèle économique de l'illustré et du beau livre, pour moi c'est un axe de communication plus qu'autre chose », tempère Louis Auzias, directeur général du Petit Futé, maison qui ne produit que des beaux livres en marque blanche pour le compte d'acteurs du tourisme.
Le tassement général du marché n'empêche en rien ses principales firmes de continuer leur évolution, entre refontes graphiques, mises au point esthétiques ou lancement de nouvelles collections en accord avec des tendances qui perdurent : cyclo/ moto, voyages en train, nature, et toujours itinérance, vélo, micro-aventures et randonnée... Quand Le Routard fait le pari de rééditions de plus en plus serrées de ses guides, Hachette Pratique mise sur la dynamique de ses guides Petaouchnok et Simplissime, sur la nouvelle maquette de ses mythiques Guides bleus (trois titres par an) et sur le lancement fin mars de la collection de carnets « Food Lovers Travel », présentant « la crème de la crème » des adresses dans les grandes villes, d'après Cécile Petiau.
Après un changement de nom l'an passé, les guides Michelin ont, eux, procédé à un changement de taille, avec de nouveaux ouvrages plus légers et nécessitant moins de papier, mais toujours avec le même contenu. Les éditions Michelin, désormais dirigées par Jean-Baptiste Passé, lancent deux nouvelles collections au mois de juin, sans plus de précisions pour le moment. Sa direction indique aussi être très concentrée sur ses chantiers de digitalisation, systématisant la sortie de ses guides en ebook, mais aussi sur le centenaire du Guide vert qui marquera l'année 2026. Certains parient sur des changements plus profonds : Voyages Gallimard refond complètement son offre (voir par ailleurs), quand Glénat ouvre ses guides de randonnée à l'hébergement et aux expériences avec « Mon week-end rando clé en main ». « On amène à nos guides de rando une dimension touristique », raconte Aurore Belluard Lebaigue, directrice adjointe du secteur Livre de Glénat. D'autres se lancent de nouveaux paris éditoriaux à l'instar des guides du Nomade ou des très littéraires guides de L'arbre qui marche, rédigés par des écrivains et qui se « dévorent comme un roman ».Chez Lonely Planet, l'accent est actuellement mis sur la refonte, sur le fond et la forme, de la collection « En quelques jours » s'intéressant aux courts séjours.
« Nous allons rééditer 57 titres dans une nouvelle forme », annonce Dominique Bovet. « Deux nouvelles collections verront également le jour au printemps : l'une sur les plus beaux road trips, l'autre sur un premier guide pour les enfants (lire par ailleurs) », ajoute-t-il. Concomitamment à Lonely Planet, notons que le groupe Editis compte relancer en 2025 sa marque En voyage éditions, avec une collection baptisée « 500 adresses et lieux secrets ».
Du côté du Petit Futé et de ses 840 destinations dans 192 pays, se poursuit la refonte des guides entamée l'an passé, en misant toujours sur le pointu, avec par exemple la relance d'un guide sur la Corée du Nord. Le guide fondé par Dominique Auzias et Jean-Paul Labourdette en 1976 indique avoir bien résisté à 2024 grâce à ses ventes en B2B en agences de voyages, et continue d'enregistrer des tops ventes à rebours de ses concurrents : Philippines, Nouvelle-Zélande, Cap Vert et Ouzbékistan.
La Foire du livre de Bruxelles 2025 s'est clôturée ce dimanche. Vers 18h45, le président du conseil d'administration (Tanguy Roosen) et le commissaire général (Gregory Laurent) de l'événement littéraire ont tenu un point presse dans l'espace VIP de Tour & Taxis pour dresser le bilan de cette 54e édition.
Selon les premières projections, la Foire aurait battu son record de 2023 (80 000) avec environ 85 000 spectateurs. Soit environ 10 000 entrées de plus que l'an passé. "On a constaté un renouvellement du public. Notamment du côté des familles, beaucoup de jeunes ados, des enfants… On est vraiment satisfaits", se réjouissait évidemment Gregory Laurent.
Les organisateurs ont donc eu raison d'avancer la tenue de leur événement en mars, plutôt qu'en avril, comme l'an passé, pour éviter des congés scolaires et un temps radieux qui auraient précipité certains fans de littérature vers la côte. Parmi les rencontres qui ont attiré le plus du monde, il y avait celle de Lei͏̈la Slimani (samedi, à midi, sur la scène Échappée livre), suivies, dans la foulée, de la conversation entre les sœurs Nothomb : Juliette et Amélie qui ont beaucoup parlé du Japon. Deux heures animées par l'excellente Marie-Madeleine Rigopoulos, ancienne directrice artistique du Festival du Livre de Paris. Il y avait du monde, aussi, à l'espace Slumberland, pour voir Natsumi Aida dessiner en live. La star du shojo manga, autrice de Switch Girl !! a été chaudement acclamée à la fin de sa rencontre, samedi après-midi. Tout comme la Géorgienne Nino Haratischwili dimanche, sur la Place de l'Europe, l'invitée d'honneur avec Daniel Kehlmann.
Parmi les réussites, on notera aussi l'espace German Stories, un stand commun à six pays établi grâce à la Foire du livre de Francfort. Car la langue allemande était à l'honneur cette année. Dans un petit cocon inspiré du Bauhaus où la traduction des rencontres dans les deux langues était optimale. "La Foire a été excellente. Je suis très contente. Nous avons eu constamment du monde. Ce dimanche, le dernier événement avec Bernhard Schlink a été blindé", a réagi Niki Théron, responsable des projets internationaux de la Foire du livre de Francfort. Cette dernière aimerait revenir à Bruxelles l'année prochaine, peut-être sous une autre forme. Pour la première fois, la Foire s'est ouverte à la romance. Les conférences (90 places) et les dédicaces ont fait quasiment le plein, à en croire Marie Kennis, programmatrice du Romance Corner. Ce fut le cas d'Emma Green, Nine Gorman et Mathieu Guibé et Dahlia Blake notamment, dont les places se sont arrachées.
"La plupart des lecteurs étaient assez jeunes, entre 15 et 30 ans. On a très peu d'hommes, mais on en a", a-t-elle assuré.
Même enthousiasme chez les exposants interrogés dimanche en fin de journée. "On a une augmentation d'environ 20 % de ventes en plus, estime Géraldine Henry, éditrice chez Racines. Il y avait plus de monde, selon notre sentiment, que l'an passé. Et puis, on a multiplié les rencontres. Les gens viennent pour rencontrer les auteurs. Ça joue énormément." D'autant que 1252 auteurs étaient présents cette année, autre record.
"Il y a eu beaucoup de monde. Notamment ce week-end. Les dédicaces attirent", confirme Marin Sauveur, libraire pour les éditions Gallimard. C'était le cas en BD de Philippe Geluck. David Foenkinos aussi qui a signé deux fois. Il y avait beaucoup de jeunes par rapport aux rencontres en librairie et ça c'était super. Des jeunes qui n'osent pas entrer en librairie. Ils viennent pour de la romance, de la BD et ils voient des auteurs qui leur disent quelque chose et ils finissent par acheter."Chez Média-Participations (Dupuis, Dargaud, Le Lombard, Le Seuil, La Martinière, L'Olivier, Points…), la directrice de diffusion était, également, enchantée. "Il y a eu plus du monde que l'an passé. Notamment samedi et dimanche. Ça se ressent au niveau des ventes. L'espace Famille nous a ramené du monde. Un chouette public."
Seul bémol, les tags peints dans la nuit de samedi à dimanche sur les murs de Tour & Taxis : "Jean Gol facho", "Milei = Bouchez"… Georges-Louis Bouchez, le président du MR, était, en effet, invité à participer à une rencontre intitulée "Javier Milei va-t-il sauver ou plomber l'Argentine ?" Des menaces ont été proférées avant la rencontre. De nombreux policiers et agents de sécurité étaient présents près de la scène Terremer et Georges-Louis Bouchez a finalement pu parler. "On revendique depuis le début de notre existence la variété des rencontres des auteurs, des autrices, des maisons d'édition et le principe de la liberté d'expression. C'est essentiel", a rappelé Tanguy Roosen, le président du CA de la Foire.
On apprend dans un communiqué de presse publié il y a deux jours que le Syndicat national de l’édition (SNE), la Société des Gens de Lettres (SGDL) et le Syndicat national des auteurs et des compositeurs (SNAC) agissent en justice contre Meta devant la 3e chambre du Tribunal judiciaire de Paris en raison d’une utilisation massive d’œuvres sous droits, sans autorisation de leurs auteurs et éditeurs, afin d’entraîner son modèle d’intelligence artificielle générative.
« Alors que nous avons constaté la présence de nombreuses œuvres éditées par des membres du Syndicat national de l’édition dans les corpus de données utilisés par Meta, nous saisissons aujourd’hui le juge pour faire reconnaître le non-respect du droit d’auteur, le parasitisme. Nous souhaitons, à travers cette assignation, agir sur le fondement des principes fondamentaux. La création d’un marché de l’IA ne peut pas se concevoir au détriment du secteur de la culture », déclare Vincent Montagne, président du SNE.
Cette action en justice s’inscrit dans un contexte de régulation au niveau européen, l’AI Act ayant rappelé la nécessité pour les sociétés éditrices de solutions d’intelligence artificielle générative de respecter le droit d’auteur et d’assurer la transparence sur les sources utilisées pour développer des modèles de fondation. A l’occasion du Sommet pour l’action sur l’Intelligence Artificielle, 38 organisations internationales représentant l’ensemble des secteurs créatifs et culturels ont également publié une charte culture et innovation afin de défendre le droit d’auteur et la propriété intellectuelle face aux IA.
« L’action que nous entamons doit aussi faire naître une volonté sérieuse des IA de tenir compte de la création, d’en respecter le cadre juridique et le cas échéant de trouver des contreparties pour l’utilisation d’œuvres dont ils se nourrissent. C’est essentiel pour préserver un écosystème fragile qui doit sa richesse à la diversité éditoriale », ajoute Christophe Hardy, président de la SGDL.
François Peyrony, président du SNAC indique enfin : « L’objectif, à travers cette action inédite en France, est aussi d’ouvrir la voie à d’autres actions similaires afin de protéger si nécessaire les auteurs des dangers de l’IA qui pille leurs œuvres et le patrimoine culturel pour s’entraîner et qui produit des “faux livres” qui entrent en concurrence avec les vrais livres d’auteurs. »
Les plaignants réclament le respect du droit d’auteur et, notamment, le retrait complet des répertoires de données créés sans autorisation et utilisés pour entraîner les IA.
« Alors que nous avons constaté la présence de nombreuses œuvres éditées par des membres du Syndicat national de l’édition dans les corpus de données utilisés par Meta, nous saisissons aujourd’hui le juge pour faire reconnaître le non-respect du droit d’auteur, le parasitisme. Nous souhaitons, à travers cette assignation, agir sur le fondement des principes fondamentaux. La création d’un marché de l’IA ne peut pas se concevoir au détriment du secteur de la culture », déclare Vincent Montagne, président du SNE.
Cette action en justice s’inscrit dans un contexte de régulation au niveau européen, l’AI Act ayant rappelé la nécessité pour les sociétés éditrices de solutions d’intelligence artificielle générative de respecter le droit d’auteur et d’assurer la transparence sur les sources utilisées pour développer des modèles de fondation. A l’occasion du Sommet pour l’action sur l’Intelligence Artificielle, 38 organisations internationales représentant l’ensemble des secteurs créatifs et culturels ont également publié une charte culture et innovation afin de défendre le droit d’auteur et la propriété intellectuelle face aux IA.
« L’action que nous entamons doit aussi faire naître une volonté sérieuse des IA de tenir compte de la création, d’en respecter le cadre juridique et le cas échéant de trouver des contreparties pour l’utilisation d’œuvres dont ils se nourrissent. C’est essentiel pour préserver un écosystème fragile qui doit sa richesse à la diversité éditoriale », ajoute Christophe Hardy, président de la SGDL.
François Peyrony, président du SNAC indique enfin : « L’objectif, à travers cette action inédite en France, est aussi d’ouvrir la voie à d’autres actions similaires afin de protéger si nécessaire les auteurs des dangers de l’IA qui pille leurs œuvres et le patrimoine culturel pour s’entraîner et qui produit des “faux livres” qui entrent en concurrence avec les vrais livres d’auteurs. »
Les plaignants réclament le respect du droit d’auteur et, notamment, le retrait complet des répertoires de données créés sans autorisation et utilisés pour entraîner les IA.
BoD, plateforme d’autoédition et Publier son Livre ont exploré son impact concret sur l’activité des auteurs français. A noter que plusieurs instances françaises viennent de déposer plainte en France contre Meta, la société de Mark Zuckerberg pour atteinte au droit d’auteur. L’enquête, menée du 15 janvier au 3 février 2025 auprès de 1000 auteurs français, révèle une relation complexe entre les auteurs et l’IA, oscillant entre premiers usages, intérêt et appréhension.
L’enquête montre que les auteurs sont loin d’être des novices. 66% d’entre eux publient depuis plus de 5 ans, avec une majorité en autoédition (47%). 75 % des auteurs interrogés connaissent déjà les outils d’IA et 675 répondants les utilisent. ChatGPT, avec 53 % d’utilisateurs, s’impose comme l’outil phare. D’autres solutions comme Antidote, WriteControl et DeepL sont aussi plébiscitées. les outils alternatifs comme Copilot, Canva, Claude ou Perplexity gagnent en popularité. Cela concerne 25 % des répondants.
Les motivations derrière l’utilisation de l’IA sont variées. La documentation (44%) et l’amélioration de la qualité des écrits (35%) arrivent en tête. Les auteurs voient en l’IA un moyen d’enrichir leur travail et d’optimiser leur processus créatif. Les usages de l’IA sont multiples : documentation (55%), relecture-correction (43%) et aide à l’écriture (31%). L’IA s’utilise aussi pour la traduction et la création de visuels. Les auteurs souhaitent gagner du temps dans ces tâches. Si l’IA suscite un certain engouement, les inquiétudes sont également présentes. L’uniformisation des contenus (65%), la dévalorisation du rôle des auteurs (60%) et les problématiques éthiques (56%) sont les principales préoccupations.
Les auteurs s’interrogent sur la capacité de l’IA à produire des contenus originaux et sur les risques d’exploitation de leurs œuvres. Pour ceux qui n’utilisent pas encore l’IA, les principaux freins sont le manque d’informations (45%). De plus, la préférence pour les méthodes traditionnelles concerne 47%.
Les problèmes éthiques et la crainte de plagiat sont également mentionnés, soulignant la nécessité d’une réflexion approfondie sur la propriété intellectuelle et l’originalité des contenus.
La majorité des auteurs (40%) ne se prononce pas sur la capacité de l’IA à écrire des romans primés dans le futur. Toutefois, un tiers (32%) y croit. L’affichage de mentions “assisté partiellement par IA” est une bonne idée pour 70% des auteurs. Cela démontre un besoin de transparence et d’honnêteté envers les lecteurs.
La morale de ce sondage : L’IA présente des opportunités et des défis pour les auteurs français. Son intégration dans le processus créatif nécessite une réflexion éthique et transparente pour préserver la valeur du travail des auteurs.
En 2022, une étude du Centre national du livre révélait qu’un adolescent consacre en moyenne 3 h 14 par semaine à la lecture, contre 3 h 50 par jour aux écrans. Conscient de l’enjeu que représente cette baisse des habitudes et pratiques de lecture, le Val d’Oise déploie depuis plusieurs années une politique éducative visant à promouvoir la lecture et la culture auprès des jeunes publics.
À travers son programme d’actions éducatives, le Département a élaboré un partenariat avec l’association « Silence, on lit » pour accompagner les collèges volontaires désirant mettre en place un rituel de lecture. Actuellement, 35 établissements participent à ce dispositif et instaurent un temps collectif quotidien de 15 minutes de lecture individuelle, pour permettre aussi bien aux élèves qu’aux adultes de prendre le temps de lire.
Pour compléter cette initiative et enrichir l’offre de romans et de littérature contemporaine proposée aux collégiens, le Département a doté, entre 2024 et début 2025, les CDI des collèges de 7 000 nouveaux livres. Distribuées sous forme de malle contenant chacune 46 titres, dont des prix littéraires jeunesse et adolescent, ces dotations offriront aux 64 790 collégiens valdoisiens de nouvelles perspectives de lecture.
« La lecture est un plaisir immense dont on oublie trop souvent les bienfaits. Elle stimule l’imagination, nous transporte vers des univers inexplorés et enrichit notre perception du monde. En mettant des mots sur nos émotions, elle affine nos sensibilités, elle nous aide à mieux comprendre et exprimer ce que nous ressentons. Bien qu’elle soit une activité solitaire, elle nous ouvre des horizons infinis et nous rassemble. À une époque où les écrans captivent la jeunesse, il est essentiel de leur rappeler que la véritable liberté réside dans la lecture » souligne Marie-Christine Cavecchi, Présidente du Département.
Dans une publication Facebook publiée vendredi (7 mars 2025), l'écrivaine canadienne de romans policiers Louise Penny a annoncé qu'elle annulait la tournée de lecture prévue pour son nouveau livre « The Black Wolf » aux États-Unis. La raison en est la « menace constante d’une guerre commerciale non provoquée contre le Canada par le président américain », indique le message. « C'est tellement douloureux de dire ça. J'ai rendu visite à des amis, je me suis fait des amis, personnels et professionnels, avec tant d'Américains », poursuit Penny dans son message. L'annulation des dates de la tournée aux États-Unis n'a pas pour but de punir les fans américains : « Il s'agit de se tenir aux côtés de mes compatriotes canadiens. » Comme elle l'a déclaré à la radio de la CBC , elle n'a pas eu à réfléchir longtemps avant de prendre sa décision.
La tournée devait débuter au Kennedy Center à Washington, où le président américain Donald Trump s'est autoproclamé directeur à la mi-février. Il avait auparavant licencié plusieurs membres du conseil d'administration.
L'auteur à succès Penny n'est pas la seule artiste à annuler sa prestation au Centre culturel national des États-Unis, comme le rapporte WDR . La lauréate d'un Grammy et du prix Pulitzer Rhiannon Giddens et l'actrice Issa Rae ont également annulé des événements, et la comédie musicale primée « Hamilton » a annulé ses prochaines représentations. Sous la direction de Trump, les événements liés à la scène queer ont été annulés au Kennedy Center.
Comme Penny l’annonce dans sa publication Facebook, l’événement de lancement de sa tournée de lecture aura désormais lieu le 28 octobre au Centre national des Arts à Ottawa .
Les Presses universitaires de France, l’un des plus prestigieux éditeurs français dans le domaine des savoirs académiques, ont en effet décidé d’annuler la publication d’un ouvrage à paraître le 9 avril prochain et intitulé Face à l’obscurantisme woke. L’éditeur Paul Garapon l’a annoncé par mail aux trois codirecteurs de l’ouvrage, l’historien Pierre Vermeren et les professeurs de lettres Emmanuelle Hénin et Xavier-Laurent Salvador, alors même que Libération et L’Obs annonçaient déjà la suspension de la parution de l’ouvrage - qui avait déjà été annoncée officiellement à la presse, dans le catalogue des ouvrages à paraître aux PUF.
«Le contexte est très défavorable à la publication de l’ouvrage», a écrit Paul Garapon aux trois codirecteurs de cet ouvrage collectif, pointant «le soutien du projet Périclès de Pierre-Édouard Stérin à l’Observatoire de l’éthique universitaire». Cette structure indépendante de l’université française se présente comme une initiative visant à lutter contre les «dérives idéologiques qui minent l’université». Les trois codirecteurs de l’ouvrage à paraître aux PUF en sont contributeurs. Le financement accordé par le milliardaire Pierre-Édouard Stérin à cette structure avait récemment suscité le départ de la sociologue Nathalie Heinich, qui avait tout d’abord envisagé de signer la préface de l’ouvrage.
Mais le lien avec Pierre-Édouard Stérin, que Paul Garapon connaissait depuis longtemps, semble n’être qu’un prétexte : ce sont en réalité les questions insistantes de «certains journalistes» qui ont incité l’éditeur à déprogrammer l’ouvrage. «L’affaire devient clairement politique et dans ces conditions, mon rôle étant de préserver les PUF de tout ce qui pourrait leur nuire, je suis dans l’obligation de surseoir à la publication» écrit-il.
Un livre dénoncé au Collège de France par Patrick Boucheron
L’attention de ces «journalistes» a en réalité été attirée vendredi 7 mars par l’historien Patrick Boucheron, qui assurait au Collège de France où il est professeur une conférence de presse aux côtés d’autres universitaires français, pour ouvrir une journée de mobilisation du monde de la recherche en soutien à leurs collègues américains qui s’estiment menacés par les coupes budgétaires de l’administration Trump. Cette initiative, baptisée «Stand up for Science», entendait donc dénoncer les conséquences du «trumpisme» sur le débat intellectuel et la confrontation des idées.
Paradoxalement (ou symptomatiquement), c’est donc cette mobilisation pour la liberté des intellectuels qui aura conduit à la déprogrammation d’un ouvrage collectif auxquels plusieurs universitaires avaient contribué, après que Patrick Boucheron a donc déploré devant un parterre de journalistes que selon lui, «une partie importante de l’espace médiatique est saturée par des entrepreneurs d’approximations et d’inexactitudes, qui disent que ce qui nous menace aujourd’hui, c’est l’islamo-gauchisme ou le wokisme...» Et d’ajouter en élevant la voix : «Pardon, mais allumez votre télévision ! Là, on est entre nous... Mais on trouve aussi quelques idiots utiles, dans l’université. Il y a des livres qui continuent de paraître. Il y en a un aux PUF qui s’appelle ’Face à l’obscurantisme woke’. Aux PUF ! Aux PUF !
Joint par Le Figaro, Xavier-Laurent Salvador regrette que la déprogrammation de son livre «ne fasse que prouver que nous avons raison de dénoncer ce climat de terreur et de censure», et envisage désormais une parution chez un éditeur étranger, peut-être néerlandais. Il indique que l’engagement de son éditeur ne s’était jusqu’ici jamais démenti : le projet du livre remonte à 2022, époque à laquelle Paul Garapon avait proposé lui-même le titre du livre.
De son côté, Emmanuelle Hénin souligne avec philosophie que la dédicace de l’ouvrage à paraître avait été adressée «à toutes les victimes de censure». C’est-à-dire, désormais, aux auteurs du livre eux-mêmes
L'Observatoire des commerces culturels de proximité des réseaux Maison de la Presse et Point Plus (groupe NAP) a publié ses résultats pour l'année 2024. Elle représente le quatrième réseau de vente de livres. Le marché du livre, bien qu’enregistrant un léger repli de 3 % au niveau national en 2024, reste néanmoins dans une dynamique positive sur le long terme. Depuis 2020, le secteur a connu une croissance continue de +20 à +25 % par rapport aux années pré-Covid. Les livres de poche gardent toutefois la cote avec une progression de +2 %. Pour expliquer ce recul général du livre, l’observatoire met notamment en cause « la concurrence des plateformes en ligne et certaines pratiques déloyales et irrégulières, comme le contournement de la loi Darcos par Amazon », ou encore l’essor du marché de la seconde main. En décembre 2024, le groupe appelait à protéger le modèle économique des commerces culturels de proximité en réponse au projet de création par Amazon d’un service de livraison gratuite de livres dans 2 500 points de vente partenaires.
Parmi les tendances observées, les ventes de best-sellers augmentent de manière significative. Le Top 10 des meilleures ventes au sein des enseignes du groupe NAP a ainsi enregistré une hausse de +15,6 %. L'étude a aussi dévoilé le top 5 des meilleures ventes de livres en 2024.
Les 5 livres les plus vendus dans les magasins du groupe NAP en 2024 :
1 - Norferville de Franck Thilliez publié par Fleuve éditions,
2 - Plus grand que le ciel de Virginie Grimaldi publié par Flammarion,
3 - Tata de Valérie Perrin publié par Albin Michel,
4 - Les Guerriers de l'hiver de Olivier Norek publié par Michel Lafon),