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20 février 2025

Réduction des services à la Bibliothèque interuniversitaire de la Sorbonne après une forte baisse de budget

La Bibliothèque interuniversitaire de la Sorbonne annonce une réduction de plus de 40 % de son budget annuel, impactant son fonctionnement. En cause ? Le vote tardif de la loi de finances et une baisse générale d'un milliard d'euros du budget (par rapport à 2024) pour les universités.
Contrainte par les restrictions budgétaires - plus de 40 % en moins -, la Bibliothèque interuniversitaire de la Sorbonne (BIS) suspend de manière indéterminée le Prêt entre bibliothèques (PEB) et réduit la plupart de ses activités et services (conservation, achats de monographies, abonnements de périodiques...).

Mi-janvier, dans sa newsletter, la BIS annonçait déjà un contexte critique. Le 6 décembre 2024, le budget 2025 de l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne, dont la bibliothèque universitaire dépend, n’est pas validé par le recteur. Puis, une nouvelle proposition le 16 janvier dernier, impliquant une baisse de 23 % par rapport au projet initial, n’est pas adoptée.

Lire aussi : Sandrine Gropp : les BU ont besoin d'une "stratégie documentaire nationale ambitieuse"

À ce moment-là, "la BIS ne dispose que de 445 000 euros pour couvrir les besoins des deux premiers mois de l’année 2025, alors qu'au 15 février 2024, nous avions déjà engagé plus de 780 000 euros, notamment pour les abonnements", précise l’établissement.

Des restrictions pour toutes les bibliothèques universitaires
Après le vote de la loi de finances et le coup de rabot dans l’enveloppe des universités françaises - moins 1 milliard d’euros -, le fonctionnement de la BIS est lourdement affecté. "Une fois retranchées les dépenses obligatoires (locations au CTLes, charges liées à l’implantation en Sorbonne, dépenses fléchées liées à des subventions), nous devrons, comme bien d’autres bibliothèques universitaires actuellement, faire porter ces coupes sur l’achat, la conservation ou la communication (PEB, accès aux collections distantes conservées au CTLes) des collections courantes des deux sites de la BIS (Sorbonne et bibliothèque de géographie), les dépenses patrimoniales, la valorisation (numérisation), le catalogage et les actions culturelles, pour ne citer que les principaux postes", recense la Bibliothèque interuniversitaire de la Sorbonne.

Dans un souci de transparence, la BIS communique sur son nouveau site internet, les décisions qu’implique cette baisse de financement.
Source : Archimag

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20 février 2025

Palmarès de la Foire du livre jeunesse de Bologne 2025

Voici le palmarès des BolognaRagazzi Awards 2025, récompenses distribuées par la Foire du livre jeunesse de Bologne :

  • Prix Fiction pour الحكمة (House of Wisdom) de Bodour Al Qasimi et Majid Zakeri Younesi publié par Kalimat aux Émirats arabes unis,
  • Prix Non-Fiction pour Per mille camicette al giorno de Serena Ballista et Sonia Maria Luce Possentini publié par Orecchio Acerbo en Italie,
  • Prix Sustainability  pour Art Is a Voice de Kripa publié par Art1st Enterprises en Inde, 
  • Mention Honorable pour Raíces del bosque de Paulina Jara et Marcos Guardiola publié par Editorial Amanuta au Chili,
  • Prix Première œuvre pour 빨간 사과가 먹고 싶다면 (If You Want to Eat a Red Apple) de Jin Joo et Ga Hee Lee publié par Finger Publishing en Corée du Sud,
  • Prix Petite enfance pour Le coq polyglotte de Marie Darme-Rizzo publié par Hélium,
  • Prix BD– premier lecteur pour Gutenachtgeschichten für Celeste – Ein sehr gruseliges Bilderbuch de Nikolaus Heidelbach et Ole Könnecke publié par Carl Hanser Verlag en Allemagne.
  • Prix BD – niveau intermédiaire pour Dita Dor, d’António Jorge Gonçalves publié par Edições Assembleia da República au Portugal,
  • Prix BD – Jeune Adulte pourbLa Trahison d’Olympe Livre 1 de Jean Dalin publié par Sarbacane,
  • Prix New Horizons pour Dalla finestra de Laura Cattabianchi et Patrizio Anastasi publié par Start Edizioni en Italie.
     

Les différents jurys se composaient de Stefano Cipolla, Diletta Colombo, Pam Dix, Tobias Hickey, Ayse Koca, Lisa Lyons Johnston, Karen Green, Luca Raffaelli et Tanja Skale.

19 février 2025

Incendie d’une bibliothèque par une voiture-bélier à Grenoble

La bibliothèque Chantal-Mauduit, inaugurée en décembre dernier à Grenoble, a pris feu dans la nuit de mardi à mercredi. L'incendie a été provoqué par une voiture-bélier, un peu après minuit. Une voiture a foncé dans la bibliothèque Chantal-Mauduit, rue Anatole France, ce mercredi, un peu après minuit avant d'être incendiée. Le feu s'est ensuite propagé à l'établissement, selon les pompiers de l'Isère. Vers minuit, les pompiers de l'Isère ont été appelés pour un incendie rue Anatole France. La bibliothèque Chantal-Mauduit, un bâtiment de 1.000 mètres carrés a pris feu. Une voiture a été projetée contre l'établissement municipal avant d'être incendiée. Une trentaine de pompiers a passé la nuit sur place, un périmètre de sécurité a été déployé par la police.

Selon des témoins rencontrés sur place par "ici Isère", le contexte était particulièrement tendu dans le quartier. Une importante descente de police a notamment eu lieu la veille au soir. "Je ne comprends pas qu'on s'attaque à une bibliothèque, un endroit où il y a des enfants qui peuvent jouer, qui peuvent lire... Je n'arrive pas du tout à comprendre, je ne reconnais plus ma ville", réagit Patricia, qui habite au pied de cette bibliothèque. "Je devais y emmener mes petits-enfants la semaine prochaine, c'est vraiment navrant". Une attaque à la voiture-bélier peut-être liée à un événement la veille dans ce quartier : "Il y a eu une grosse descente de gendarmes et de CRS. On a entendu des pétards... et puis voilà ce qui arrive ce matin."

L'adjointe à la culture, Lucille Lheureux s'est rendue sur place, peu avant 10 heures du matin. "Nous sommes écœurés, touchés et affectés par cet acte. Mais aussi déterminés à faire vivre le service public, cette rencontre entre sport et culture dans tous les quartiers de la ville", a-t-elle notamment confié.
Tout le rez-de-chaussée de l'établissement et la toiture ont été détruits par les flammes dans ce bâtiment de 1.000 mètres carrés. Au petit matin, le feu est maîtrisé par la trentaine de pompiers mais pas complètement éteint. Le SDIS 38 a passé la nuit sur place et est toujours sur le site. La bibliothèque Chantal-Mauduit avait été inaugurée le 14 décembre dernier. Elle a remplacé "Le Plateau", équipement emblématique du quartier que la municipalité avait fermé. Une vingtaine de personnes se retrouvent au chômage technique. Plusieurs employés sont venus sur place ce mercredi matin.

19 février 2025

Publication en manga de romans d’Agatha Christie

Roman parmi les plus célèbres d'Agatha Christie, Ils étaient dix devrait arriver aux éditions Paquet dès le mois prochain dans une adaptation manga signée Aya Nikaidou.

Premier manga de cette autrice, l'oeuvre compte à ce jour trois volumes au Japon, et a été lancée l'année dernière sur le site HAYAcomic de l'éditeur Hayakawa Shobo.

Bien que la date reste à confirmer, le premier volume est pour le moment prévu le 5 mars, au prix de 8€.

Synopsis par l'éditeur :

En 1939, quand Agatha Christie écrit "Ten Little Nigers", elle ne sait pas encore qu'elle va marquer à jamais l'histoire de la littérature. Son roman deviendra le plus vendu de sa carrière, une intrigue intemporelle et formidable qui ménage le suspens jusqu'aux dernières lignes.

86 ans après sa parution en français, nous sommes fiers de présenter pour la première fois une adaptation en manga de ce drame en 10 actes.

La "Reine du Crime" a encore frappé ! Ses intrigues n'ont pas de frontières !

Source  : Manga News

18 février 2025

« Les enfants lisent aux chats » : un projet du refuge pour animaux de Berlin

La lecture n’est pas facile pour tous les enfants. Certains enfants dévorent les livres. D'autres ont du mal à suivre chaque ligne. La lecture est très amusante et il y a tellement d’histoires passionnantes à découvrir. C'est dans ce but qu'a été monté « Les enfants lisent aux chats ».  Selon un concept qui vient d’Amérique : pendant que les enfants sont occupés avec leurs livres et lisent, les chats écoutent les voix et peuvent s’approcher d’eux très lentement. Les deux en profitent et les enfants en apprennent également beaucoup sur les chats, le bien-être animal et les animaux en général. 

Cette activité est organisée le refuge pour animaux de Berlin tous les mercredis et vendredi de 14h à 16h (sauf pendant les vacances scolaires) pour les enfants de 7 à 12 ans.  Les inscriptions se font par mail ou par téléphone au 030 76888-214.

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17 février 2025

Le Gai Savoir en péril : la lutte d’une librairie engagée pour sa survie

Symbole de l’engagement intellectuel en Tunisie depuis 1974, Le Gai Savoir n’est pas une librairie comme les autres. Fondée par des militants de gauche inspirés par la légendaire librairie François Maspero à Paris, elle s’est imposée comme un bastion de la pensée critique et de la diffusion des idées progressistes. Mais aujourd’hui, cet espace unique est en danger.
Entre la flambée des prix des livres, la concurrence du numérique et des foires permanentes, et surtout une réforme brutale sur les chèques de garantie, Le Gai Savoir lutte pour sa survie. Son propriétaire, Badreddine Daboussi, tire la sonnette d’alarme : sans soutien, c’est tout un pan de la culture tunisienne qui risque de disparaître. Fondée le 1er décembre 1974, la librairie Le Gai Savoir est née de la volonté de Moncef Daboussi, un militant de gauche inspiré par l’illustre librairie François Maspero à Paris, symbole des luttes révolutionnaires et intellectuelles des années 1970. Après ses études en Europe, Moncef Daboussi revient en Tunisie avec l’ambition de créer un espace similaire, où les idées progressistes, anticolonialistes et anticapitalistes pourraient se diffuser. Il s’entoure alors de camarades partageant ses idéaux pour fonder une librairie engagée, bien différente des librairies commerciales classiques. Dès que l’on franchit le seuil de la librairie, le ton est donné : sur les murs, les portraits de Georges Abdallah, la photo de Cheikh Imam, ainsi que les drapeaux tunisien et palestinien rappellent immédiatement l’identité militante du lieu. Ici, les livres ne sont pas de simples objets commerciaux, mais des outils de combat et de transmission d’idées. Pendant des années, des habitués – étudiants, chercheurs, journalistes, intellectuels – y ont trouvé bien plus qu’un espace de vente. Entre les rayons, les discussions s’animent sur la scène politique, les nouvelles parutions, ou encore l’évolution du monde de l’édition. Le Gai Savoir est avant tout un lieu de rencontre, d’échange et de réflexion. Contrairement aux librairies ordinaires, dont le principal objectif est la rentabilité, Le Gai Savoir se veut avant tout un espace culturel et intellectuel. Sa mission dépasse la simple vente de livres : il s’agit de transmettre des idées, de créer un lieu d’échange et de ébat, et d’offrir aux lecteurs des œuvres en accord avec une vision engagée du monde.Toutefois, une librairie, même engagée, doit assurer sa pérennité financière. La difficulté réside dans le fait de concilier un modèle alternatif avec des impératifs économiques. Surtout dans un contexte où l’industrie du livre subit des transformations profondes.
Une crise qui s’aggrave depuis des décennies
Depuis plusieurs années, Le Gai Savoir, comme l’ensemble du secteur du livre en Tunisie, traverse une crise. La hausse des prix des livres, notamment importés, pèse lourdement sur les librairies spécialisées, car la dépréciation du dinar tunisien a rendu leur acquisition de plus en plus coûteuse. À cela s’ajoute la concurrence du numérique : la démocratisation du format PDF et des livres électroniques modifie les habitudes des lecteurs, entraînant une baisse des ventes de livres physiques. La prolifération des foires du livre, qui se multiplient à travers le pays, constitue aussi un autre défi de taille. Ces foires, en proposant des prix attractifs tout au long de l’année, faussent le marché en créant une illusion de bons plans permanents au détriment des librairies fixes, comme le déplore Badreddine Daboussi.
Un coup fatal avec la nouvelle loi sur les chèques
Si ces difficultés étaient déjà présentes, la nouvelle loi interdisant les chèques de garantie a porté un coup majeur à l’équilibre financier de la librairie. Jusqu’à présent, les libraires utilisaient ces chèques pour commander des livres auprès des éditeurs et distributeurs, qui acceptaient de les encaisser plusieurs mois plus tard. Cela permettait aux libraires de vendre une partie du stock avant de devoir payer. Avec la réforme, cette pratique est désormais illégale : les chèques doivent être encaissés immédiatement. Ce qui complique considérablement l’approvisionnement en nouveaux livres. Certains éditeurs ont accepté de remplacer les chèques par des traites, mais d’autres ont dû les déposer immédiatement, plongeant la librairie dans une grave crise de liquidités.

En décembre dernier, l’accumulation des paiements dus a mis Le Gai Savoir en grande difficulté. Face à cette situation critique, Badreddine Daboussi a lancé un appel à l’aide à la communauté des lecteurs fidèles pour éviter la fermeture de la librairie.
Les lecteurs fidèles se mobilisent 
« En raison de la détérioration de la situation financière, notamment du changement de la loi sur les chèques, nous vous invitons à soutenir la poursuite de l’activité de la librairie en achetant un livre. Le rêve continue malgré toutes les circonstances. Aidez-vous à le faire vivre ! »
Publié sur la page officielle Facebook de la librairie le 20 janvier, cet appel a déclenché une vague de solidarité. Depuis, les visites de soutien et les achats se multiplient, témoignant de l’attachement du public à cet espace culturel unique.  
Badreddine Daboussi estime que cette loi, bien que visant à réguler le commerce, met en péril les petites entreprises culturelles, incapables de rivaliser avec les grandes surfaces ou les circuits de distribution en ligne. Il plaide pour un assouplissement des règles, notamment en accordant un délai supplémentaire pour régulariser les anciens chèques, afin d’éviter une cascade de fermetures dans le secteur du livre.
À ses yeux, Le Gai Savoir incarne un patrimoine intellectuel qu’il faut préserver. Si rien n’est fait, la disparition de ce type de librairie marquerait un appauvrissement du débat d’idées en Tunisie.
« Je ne suis pas économiste », conclut-il, « mais je suis inquiet. Sans soutien, nous risquons de voir s’éteindre ces espaces où la culture et la réflexion priment sur la rentabilité pure. »

Source : L'Economiste Magrébin

16 février 2025

8 mois de prison avec sursis pour la revente d'un manuscrit volé à la BNF

Le tribunal judiciaire de Chartres a condamné, le 18 novembre 2024, un brocanteur de 56 ans à huit mois de prison avec sursit, à 3.000 € d’amende et à 1 € de préjudice moral pour la Bibliothèque nationale de France (BNF). L’interdiction d’exercer sa profession, requise, n’a pas été retenue.
Les faits remontent à 2023. Un brocanteur participe à une vente avec d’autres confrères, à Chartrexpo. Sur son étal se trouve un recueil de partitions de Charles Camille Saint-Saëns, pianiste français, organiste, compositeur, chef d’orchestre et critique musical.*

Un spécialiste de cet artiste, qui arpente la brocante s’étonne, de la présence de ce manuscrit. Il le manipule et découvre qu’il est estampillé Bibliothèque nationale de France. Ce collectionneur, qui a des réseaux dans ce milieu, contacte une connaissance exerçant à la BNF. Ce dernier constate la disparition de ce recueil de partitions de Charles Camille Saint-Saëns. Pendant que la direction porte plainte, le collectionneur alerte le commissariat de Chartres. Les policiers interpellent le brocanteur sur son stand, alors qu’il remballait ses affaires.
Selon un expert, ces documents, portant la mention “à Jules Griset, Sonate, piano et violoncelle de Camille Saint-Saëns” sont estimés à 25.000 €. En audition, le brocanteur indique qu’il a découvert ces ouvrages dans un carton, lors d’un déménagement. L’enquête ne permet pas de l’impliquer dans le vol.

Il est poursuivi pour recel de vol, mais également pour non tenue de registre par un revendeur d’objets. Le quinquagénaire a déjà été condamné pour recel, escroquerie, vol, abus de confiance, vol aggravé, faux et usage de faux. Les partitions ont été récupérées par la Bibliothèque nationale.
À l’issue de sa condamnation, le brocanteur a demandé à récupérer certains documents saisis. Le président a indiqué qu’ils avaient été perdus, pendant la procédure.

Source : L'Echo Républicain
 

14 février 2025

L’appel au secours de La Maison des écrivains

Dans le milieu littéraire, on l’appelle la « Mél », pour La Maison des écrivains et de la littérature. Cette association, installée à Paris depuis près de vingt ans, a pour vocation de fédérer les écrivains et de les représenter, de les défendre et, à travers eux, de promouvoir la littérature et la lecture. Elle a mis en place nombre d’actions auprès des collèges et des lycées. Avec d’autres associations, elle est l’un des plus forts étendards de lutte pour le livre, à l’heure où pèsent des menaces sur la transmission littéraire en milieu scolaire, où un peu partout la littérature perd du terrain. La Mél a toujours manifesté auprès des écrivains sa volonté d’action et de réflexion. Elle est d’ailleurs le premier employeur d’auteurs en France en matière d’éducation artistique et culturelle. Ça n’est pas rien. Par ailleurs, la Mél est un lieu d’accueil et de ressources : information, documentation, service. Parmi ses missions, elle veille aux conditions de travail des écrivains et de la diffusion des œuvres. Pour œuvrer efficacement, l’association a eu besoin et a besoin du soutien du ministère de la Culture et de la DRAC (Direction régionale des affaires culturelles). Mais cette année, elle n’a eu aucune nouvelle quant aux subventions nécessaires à son fonctionnement. Si elle n’a pas de nouvelle, demain, le samedi 15 février, elle risque de mettre la clé sous la porte. Aujourd’hui, elle appelle à la mobilisation.

Sylvie Gouttebaron, la directrice de la Mél, ne cache pas son amertume : « Face à l’absence de réponse concernant sa subvention pour l’année 2025 et aux nombreuses demandes de rendez-vous restées sans réponse, une délégation de la Maison des Écrivains et de la Littérature (salariés et administrateurs) s’est rendue au ministère de la Culture. Une promesse de rendez-vous a été faite, sans qu’aucune date n’ait été fixée. Pourtant l’urgence est telle que la cessation est imminente (au 15/02/2025). Le combat que mène aujourd’hui la Mél va bien au-delà de ses propres intérêts. Il concerne les auteurs, tous les acteurs du livre, de la lecture et de l’Éducation nationale. »

La Mél a adressé une nouvelle alerte auprès de Rachida Dati et de la DRAC pour obtenir des réponses claires : quel sera le montant de la subvention de la Mél en 2025 ? Aura-t-elle la garantie nécessaire pour éviter un arrêt brutal de nos activités ? Des questions simples et urgentes restées sans réponses. Sylvie Gouttebaron s’interroge alors : « Sommes-nous vraiment prêts à voir disparaître un acteur pionnier et essentiel du lien entre auteurs, enseignants et citoyens ? Nous refusons cette issue. » Sa disparition serait en effet un coup dur porté à la littérature et aux écrivains. Et à tous ceux qui œuvrent pour la lecture.

Source : Le Figaro

13 février 2025

Avis défavorable sur le retrait gratuit dans les caissiers automatiques d’Amazon émis par le médiateur du livre

Jean-Philippe Mochon, médiateur du livre chargé de la conciliation des litiges relatifs à l'application de la législation sur le prix du livre, a émis un avis défavorable concernant les casiers de retrait Amazon. Cet avis fait suite à la saisine de la ministre de la Culture Rachida Dati le 19 novembre 2024 en réponse à la décision d'Amazon de déployer sur le territoire français 2 500 points de retrait de livre gratuits. En revanche, le médiateur a validé le principe de la livraison gratuite si les livres sont retirés aux caisses des points de vente concernés.
L'initiative d'Amazon consiste notamment à affranchir de frais de livraison les acheteurs de livres d’un montant inférieur à 35 euros, contournant ainsi la loi du 30 décembre 2021, dite loi Darcos, entrée en vigueur le 7 octobre dernier. Pensée pour favoriser le déplacement en librairie et limiter la concurrence déloyale entre les grandes plateformes de vente en ligne et les petites librairies, le texte impose notamment des frais de port de 3 euros sur les livres neufs jusqu’à 35 euros d’achat en ligne.

L'initiative d'Amazon consiste notamment à affranchir de frais de livraison les acheteurs de livres d’un montant inférieur à 35 euros, contournant ainsi la loi du 30 décembre 2021, dite loi Darcos, entrée en vigueur le 7 octobre dernier. Pensée pour favoriser le déplacement en librairie et limiter la concurrence déloyale entre les grandes plateformes de vente en ligne et les petites librairies, le texte impose notamment des frais de port de 3 euros sur les livres neufs jusqu’à 35 euros d’achat en ligne.

En déployant ces points de retrait, Amazon entend bénéficier d'une large présence sur le territoire tout en évitant la tarification. Une démarche alors vivement critiquée par les libraires et distributeurs dès son annonce le 5 novembre 2024.

Critiquée par Amazon, la loi Darcos bénéficie directement aux librairies indépendantes de petite taille, en particulier celles situées dans les plus petites villes. En effet, selon les chiffres publiés par les représentants des libraires le 5 février 2025, après un an d'application, la loi Darcos a permis aux commerces physiques de gagner plus de 3 points de part de marché (données communiquées dans le rapport).
Amazon compte pour sa part sur la participation des grandes surfaces, maisons de la presse et autres lieux de vente similaires pour installer ses points de retrait. En effet, le texte de la loi Darcos précise que le service de livraison du livre ne peut être gratuit, sauf si « le livre est retiré dans un commerce de vente au détail de livres. »

De nombreuses organisations se sont opposées à cette initiative, jugée déloyale pour les petits commerces. En décembre, le groupe NAP-Maison de la Presse, particulièrement présent en zone rurale, avait tiré la sonnette d'alarme pour exprimer son désaccord. À ce jour, le médiateur indique dans son rapport qu’aucune organisation ou entreprise rencontrée lors des auditions ne soutenait l'initiative d'Amazon.

« Les Français, y compris dans les zones rurales, ont accès à un réseau de vente de livres »
« Un livre sur deux vendu par Amazon en France est expédié vers des zones rurales et des communes de moins de 10 000 habitants », s'était pour sa part défendu Frédéric Duval, directeur général d'Amazon France, qui présente la gratuité des points de retrait comme une réponse à l'inégalité d’accès aux produits culturels, en particulier en zones rurales.

Un argument démenti par les différents réseaux de librairies et le médiateur qui résume dans son rapport : « Dans l’ensemble, les Français, y compris dans les zones rurales, ont un accès à un réseau de vente de livres largement présent sur le territoire ».
L'un des enjeux principaux abordés dans ce rapport concerne le retrait de commande. À ce sujet, le médiateur du livre fait une distinction claire entre le click and collect et les casiers autonomes.

Les casiers automatiques, ou « lockers », ont été contestés notamment en raison de leur emplacement (parkings ou devantures de magasins). De plus les retraits autonomes ne permettant pas de contact direct avec les enseignes, ils ne favorisent pas les réseaux concernés ni les interactions humaines. Ainsi, le rapport conclut à leur propos : « La mise à disposition de livres dans des casiers automatiques ne saurait se prévaloir de la possibilité de retrait gratuit prévue par le législateur ».

En revanche, le click and collect est accepté par le médiateur du livre « à condition que le commerce en question vende effectivement des livres et que le retrait se fasse auprès de ce commerce, par exemple en caisse ou à un point d’accueil clients ».

Enfin, Jean-Philippe Mochon annonce qu’il « veillera, tout comme il s’assurera, en particulier dans le cadre de l’instruction d’une saisine faite par Amazon le 9 janvier, du respect de la loi par l’ensemble des autres acteurs, afin d’accompagner l’ensemble de la filière dans la mise en œuvre d’une loi qui semble bien commencer à porter ses fruits. »
Sitôt l'avis du médiateur rendu public, Amazon a réagi : « L’avis rendu public aujourd’hui confirme clairement que la livraison de livres peut être gratuite lorsque le retrait est effectué dans tout magasin qui vend des livres, tel que cela est prévu par la réglementation en vigueur et pratiqué par Amazon et de nombreux acteurs de la grande distribution et des grands magasins spécialisés comme Fnac et Cultura. Nous sommes cependant en désaccord avec certaines conclusions du rapport qui se nourrissent d’une lecture biaisée du droit applicable », a déclaré un porte-parole de la plateforme.

Source : Livres Hebdo

12 février 2025

Fermeture le 30 juin de la bibliothèque la Pérouse à l'Université de Bretagne occidentale

En pleine année de la mer, la bibliothèque la Pérouse (BLP), dédiée aux sciences marines et située sur le campus de Brest-Plouzané (Finistère), devrait fermer ses portes d’ici le 30 juin 2025. Le vice-président de l’Université de Bretagne occidentale (UBO) en charge de la mer, Vianney Pichereau, est venu présenter le devenir de cette institution gérée conjointement par l’UBO et l’Ifremer, ce mardi 11 février 2025, devant un amphi d’étudiants, professeurs et personnels.

« La BLP est largement sous-utilisée et depuis longtemps. L’essor des ressources électroniques a conduit à une utilisation et un prêt extrêmement faible. »

La BLP, ouverte en 2003 avec 37 000 ouvrages, 2 800 titres de revues et une vue imprenable sur la rade de Brest, pouvait avoir l’ambition de devenir une bibliothèque d’intérêt national. Un rapport de 46 pages dessinant de belles perspectives d’avenir a été rendu en 2021 à la présidence de l’UBO. Il est resté lettres mortes. Aujourd’hui, la situation financière n’est brillante ni du côté de l’UBO ni du côté de l’Ifremer. Ce dernier souhaite réintégrer ses six salariés-documentalistes dans ses locaux ; ils ne feraient donc plus d’accueil du public. L’UBO, dont le dernier employé est parti de la BLP en 2021, veut désormais « rationaliser » l’utilisation ce site de 600 m², qui lui appartient. En clair : créer des salles de travail, des bureaux et aménager des espaces de coworking au profit des chercheurs et étudiants de l’Institut universitaire européen de la mer (IUEM). Les étudiants de Plouzané devront se rendre à la bibliothèque universitaire de l’École nationale d’ingénieurs de Brest, à dix minutes à pied. « On pourrait y mettre les livres les plus empruntés de la BLP », propose Vianney Pichereau. Les fonds, à 70 % issus de l’Ifremer, devraient tous rester au sous-sol de la BLP. Les ouvrages de l’UBO sont déjà empruntables dans toutes les bibliothèques universitaires.

« Un travail devra être fait pour l’accession aux fonds de l’Ifremer. »
Reste la question des fonds achetés en commun. « Il y en a pour un travail d’un à deux ans d’inventaire », prédisent, incrédules, David Fernandes et Megan Quimbre, les salariés-documentalistes de l’Ifremer présents dans l’amphithéâtre. Pour eux, c’est tout leur travail auprès des 5 600 personnes accueillies en 2024 dont la formation des 400 étudiants qui est menacé avec cette fermeture. « En fermant la BLP, ils ne se rendent pas compte du service qu’on leur rend en formant les futurs doctorants et chercheurs. »

« Ce n’est pas un petit sujet, insiste Yves-Marie Paulet, ancien directeur de l’IUEM qui a participé à la création de la BLP. Une bibliothèque est un des fondamentaux de ce qu’est une université, là où les gens se croisent et échangent. C’est triste de se poser la question d’à qui appartiennent les fonds, alors que notre projet était justement de tout mettre en commun. »

Une convention de coopération renforcée avec l’Ifremer est en cours de rédaction. Elle pourrait définir les modalités d’emprunt des riches fonds documentaires de l’Ifremer.

Source :  Ouest France

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