L’instrument, acheté 30 millions de dollars, sera utilisé lors d’une série de concerts. S’il a fabriqué plusieurs centaines de violons, Antonio Stradivari n’a sorti de son atelier qu’une dizaine d’altos, et chaque vente de l’un de ces précieux instruments représente un véritable événement. La Bibliothèque du Congrès, à Washington, vient d’annoncer avoir acquis le « Tuscan-Medici », fabriqué pour répondre à une commande de Ferdinand de Médicis en 1690 – soit en pleine « période d’or » du luthier de Crémone. Le dernier propriétaire de l’instrument fut Cameron Baird, un philanthrope qui a fondé et dirigé d’importantes institutions musicales aux États-Unis, et qui par ailleurs jouait de l’alto. Après sa mort survenue en 1960, sa veuve l’avait loué à la Bibliothèque afin qu’il soit mis à disposition de musiciens.
Si la Bibliothèque du Congrès a pu acheter cet alto, c’est notamment grâce à un don de 20 millions de dollars du collectionneur David L. Fulton, qui a récemment vendu un violon à un prix record. La famille de Cameron Baird a quant à elle financé les 10 millions de dollars restants. « Nous continuerons à partager cet instrument remarquable avec les États-Unis et le monde entier […] Je suis très reconnaissante aux Fulton et aux Baird pour leur immense générosité », a déclaré la directrice Carla Hayden, dans des propos rapportés par la plateforme The Violin Channel.
L’alto, qui s’appelle désormais « Stradivari Fulton », a rejoint les cinq autres Stradivarius (dont un alto) que possède déjà la Bibliothèque du Congrès depuis une donation de la philanthrope Gertrude Clarke Whittall en 1935. Il sera joué tout au long de la saison 2025-2026, lors d’une série de concerts qui célébreront les cent ans de l’établissement.
C'est le chouchou des petits. Le personnage de Petit Ours Brun, fête ses 50 ans. Depuis sa création en 1975, il aide les enfants à grandir et à comprendre la vie. Et ce héros vaut de l'or. 800.000 livres sont vendus chaque année, 28 millions d'exemplaires ont été vendus rien que sur les 25 dernières années. Pour ses 50 ans, Petit Ours Brun devient polyglotte. Aujourd’hui, un enfant sur quatre grandit en parlant une autre langue que le français à la maison. Les éditions Bayard jeunesse ont recensé, grâce à une enquête de l'Insee, les neuf langues étrangères les plus parlées dans les familles en France. Ils ont imaginé la toute première histoire multilingue de Petit Ours Brun, qu'on trouve comme d'habitude dans les pages du magazine Pomme d’Api en kiosque tout le mois de mai. À la fin de l’histoire, un QR Code permet, gratuitement, d'écouter une version audio de Petit Ours Brun dans la langue de son choix : anglais, arabe, mandarin, espagnol, portugais, turc, ukrainien et wolof.
Le personnage de Petit Ours Brun a été créé en 1975 par deux femmes : Claude Lebrun, prof de français décédée en 2019, et l'illustratrice Danièle Bour qui est aujourd'hui une dame de 85 ans. Grâce à son dessin épuré, très lisible, des histoires courtes sur les grands bonheurs et les petits malheurs de la vie quotidienne, le succès a été immédiat et n'a fait qu'amplifier au fil des années : "Les histoires étaient bien conçues pour correspondre à l'âge à qui s'adressaient ces histoires. Les enfants se sont retrouvés dedans et ça leur plaisait. Il se trouve, en même temps, mon fils avait cinq ans et lui-même aussi s'identifiait à Petit Ours Brun", expliquait Danièle Bour en 2020 sur RTL.
Depuis 50 ans, 600 histoires de Petit Ours Brun ont été publiées, on en est aujourd'hui à 850 millions de vues pour les vidéos. Les versions audios cumulent, elles, plus de 20 millions d'écoutes.
En 2024, l'imprimé était toujours le format préféré des lecteurs européens qui achètent en ligne, selon les derniers chiffres d'Eurostat. Environ 14,7 % des résidents de l'UE ont acheté des livres, des magazines ou des journaux imprimés en ligne au cours des trois mois précédant cette enquête. Ce taux est deux fois supérieur à celui des personnes ayant téléchargé des livres électroniques ou des livres audio. Les pourcentages les plus élevés de résidents ayant acheté des livres, des magazines ou des journaux imprimés en ligne ont été enregistrés en Irlande (28,3 %), aux Pays-Bas (23,5 %) et au Luxembourg (22,7 %).
En revanche, les parts les plus faibles ont été enregistrées à Chypre (2,0 %), en Lettonie (3,8 %) et en Roumanie (5,3 %). Pour les livres électroniques et les livres audio, les parts les plus élevées ont été enregistrées en Irlande (22,3 %), au Danemark (19,7 %) et au Luxembourg (13,3 %). Les proportions les plus faibles ont été observées en Bulgarie (1,8 %), en Lettonie (2,5 %) et en Roumanie (2,6 %).
Au Danemark, à Chypre et en Finlande, la part de la population ayant acheté des livres électroniques et des livres audio a dépassé celle des livres imprimés.
TikTok a également contribué à stimuler les ventes de livres imprimés avec le hashtag #BookTok, de nombreux libraires ayant créé une section réservée à ces livres. "BookTok" est une section de TikTok consacrée à la littérature, où les créateurs de contenu téléchargent des critiques, des suggestions et d'autres contenus liés aux livres.
Les ventes de livres en Irlande ont atteint un niveau record de 170 millions d'euros en 2022, avec une forte augmentation du nombre de romans d'amour attribuée à l'influence de TikTok. Des auteurs comme Colleen Hoover ont pris la tête des classements, démontrant l'impact de la plateforme sur les tendances de lecture. Spotify investit également dans la littérature avec les livres audio. Il y a moins d'une semaine, la plateforme de streaming audio a étendu cette nouvelle option dans l'UE à l'Allemagne et à l'Autriche.
Julia Donaldson et Axel Scheffler vont collaborer sur le premier nouveau livre d'images Gruffalo après plus de 20 ans, publié par Macmillan Children's Books. L'auteur et illustrateur numéro un du Royaume-Uni reviendra dans le monde de son personnage le plus célèbre et le plus apprécié avec une toute nouvelle histoire de Gruffalo, encore sans titre, en septembre 2026. Les droits mondiaux de la troisième aventure de Gruffalo ont été acquis auprès de Claire Wilson et Caroline Sheldon chez RCW et les droits d'illustration acquis directement auprès d'Axel Scheffler. Il s'agit de la première nouvelle histoire de Gruffalo depuis la publication des classiques modernes primés Le Gruffalo (1999) et L'Enfant du Gruffalo (2004) par Macmillan Children's Books. Ces deux histoires sont devenues un véritable phénomène de vente à travers le monde, a déclaré l'éditeur. Donaldson a enregistré 49 456 700 ventes à vie jusqu'au 19 avril 2025, selon NielsenIQ Bookscan, tandis que Le Gruffalo s'est vendu à 3,2 millions d'exemplaires et L'Enfant du Gruffalo à 2,1 millions.
L'éditeur a ajouté : « Macmillan Children's Books est ravi de publier cette nouvelle histoire extraordinaire, qui voit le retour de personnages appréciés dans une aventure originale et passionnante, digne d'un classique de Julia Donaldson et Axel Scheffler. L'équipe de Macmillan prévoit que cette publication très attendue sera l'une des plus importantes de son histoire, soutenue par une campagne marketing et publicitaire à succès. »
Ce lancement permettra également de tirer parti de la popularité du personnage emblématique de Julia et Axel pour lancer une campagne internationale de lecture et de contes pour enfants, en partenariat avec le National Literacy Trust et d'autres organisations caritatives du monde entier. Cette campagne fait suite à un rapport du NLT qui révèle que seul un enfant sur trois aime lire pendant son temps libre, soit le niveau le plus bas depuis 2005. Avec Le Gruffalo traduit dans 113 langues et dialectes, Macmillan Children's Books prévoit de faire de cette nouvelle histoire l'événement éditorial international de la décennie.
Dans le cadre de ce lancement, Macmillan invite ses partenaires éditeurs internationaux à collaborer avec des organisations caritatives pour promouvoir la lecture auprès des enfants. Suite aux récentes initiatives conjointes avec Le Gruffalo et L'Enfant du Gruffalo , le National Literacy Trust sera le principal partenaire caritatif au Royaume-Uni. Macmillan Children's Books collaborera avec la campagne « Early Words Matter » de l'association pour donner aux enfants, aux familles et à leurs communautés les moyens d'agir grâce à des dons substantiels de livres, des ressources pédagogiques, des événements communautaires et des formations pour les bénévoles.
Carrefour poursuit son ambition de rendre accessible à tous la lecture dès le plus jeune âge, et se fixe l’objectif de vendre 30 millions de livres à 1 euro d’ici 2030. Cette initiative s’inscrit dans la continuité de son programme destiné à lutter contre l’illettrisme et les troubles liés à la dyslexie.
Rendre la lecture accessible à tous, notamment en donnant le goût de lire aux plus jeunes, est un enjeu de société et un facteur d’inclusion, auxquels Carrefour entend contribuer en lançant une nouvelle collection de 20 livres à 1€ en partenariat avec Rue Des Ecoles, à destination des enfants de 3 à 8 ans. Les 100 000 premiers acheteurs d’un livre de cette collection bénéficieront également d’un accès privilégié d’un an à une bibliothèque digitale qui réunit 100 oeuvres numériques.
Alors que 5% des enfants présentent des troubles liés à l’apprentissage de la lecture ou de l’écriture, Carrefour a souhaité rendre cette collection davantage inclusive, en proposant cette année un ouvrage adapté aux enfants dyslexiques.
Le 9 avril, 5 000 enfants sont attendus lors des ateliers de lecture de 30 minutes animés par les équipes Carrefour dans 250 magasins partout en France.
Lancement exclusif d’un concours d’écriture, le lauréat sera édité en 2026
Afin de sensibiliser ses clients aux intérêts de la lecture et de l’écriture, Carrefour lance un concours d’invention auprès de Ma Communauté Carrefour qui rassemble plus de 700 000 membres. Chaque participant est invité à proposer une histoire sur le thème “Les Fruits et Légumes”. Le gagnant verra son histoire éditée dans un ouvrage à 1€ en 2026.
30 millions de livres à 1 euro vendus dans le monde d’ici 2030
A travers la richesse de son offre culturelle, l’enseigne entend jouer un rôle citoyen en démocratisant la lecture, savoir lire étant une compétence déterminante pour s’intégrer à tous les niveaux de la société. D’ici 2030, Carrefour se donne l’objectif de globaliser l’opération “Retrouvons le goût à la lecture” et se fixe l’objectif de 30 millions de livres à 1 euro vendus dans tous ses réseaux de distribution dans le monde d’ici à 2030.
À l'Atelier des Lumières à Paris, le Petit Prince d’Antoine de Saint-Exupéry prend vie dans une exposition immersive. Une immersion poétique qui permet de découvrir l’univers du célèbre livre, à travers ses personnages inoubliables et les citations philosophiques qui ont marqué des générations de lecteurs. L’occasion rêvée pour petits et grands de redécouvrir ce chef-d’œuvre intemporel. Le renard, l’allumeur de réverbères, l’aviateur… Les personnages du Petit Prince continuent de bercer les enfances. Ils sont réunis dans une nouvelle exposition immersive à l’Atelier des Lumières, à Paris. L'occasion idéale de faire découvrir aux plus jeunes le livre aux 600 traductions, soit le livre le plus traduit après la Bible.
"Il se vend encore chaque année 5 millions d'exemplaires partout dans le monde"
"On ne voit bien qu'avec le cœur", "l'essentiel est invisible pour les yeux", "faites que le rêve dévore votre vie, afin que la vie ne dévore pas votre rêve"... Tout le monde a dans le cœur une citation de l'œuvre d’Antoine de Saint-Exupéry.
Elles s'affichent en grand pendant cette odyssée immersive, avec aussi les aquarelles de l'auteur. Plusieurs scènes immergent le téléspectateur au cœur du livre. Il est possible, par exemple, de se retrouver au cœur du désert après l'accident d'avion du narrateur. La magie de l'œuvre fonctionne comme au premier jour.
Quand on parle de chiffres, le Petit Prince, c'est quelque chose d'absolument pharaonique. "Il se vend encore chaque année 5 millions d'exemplaires partout dans le monde. Et donc, c'est un livre qui fait rayonner la France et la francophonie partout dans le monde. Tout simplement", explique fièrement Thomas Rivière, arrière petit neveu d'Antoine de Saint-Exupéry.
Regardez au-delà des apparences, l'importance de l'émerveillement promis, l'exposition fera beaucoup plus que vous dessinez un mouton. L'exposition est visible à l'Atelier des Lumières jusqu'au 6 juillet 2025.
Une enquête pour meurtre a été ouverte après qu'un romancière allemande à succès a été retrouvé mort sur une péniche à Hambourg après avoir été violemment attaqué, a déclaré la police. Il s'agit d'Alexandra Fröhlich, 58 ans, dont les romans figurent en bonne place sur les listes de best-sellers en Allemagne, a été retrouvée mardi matin, ont indiqué les autorités chargées de l'enquête. L'affaire a été rapidement transmise à la brigade criminelle, compte tenu des preuves d'agression. Les autorités ont refusé de donner plus de détails, se contentant d'affirmer que des preuves médico-légales avaient été recueillies et qu'un rapport du coroner avait été soumis.
Selon la chaîne de télévision locale NDR, citant des sources policières, Fröhlich aurait été blessé par balle. Les enquêteurs ont lancé un appel à témoins potentiels qui auraient pu observer une activité suspecte sur ou autour de la longue péniche cerise dans laquelle résidait Fröhlich, sur la rive Holzhafen de l'Elbe, dans le district oriental de Moorfleet.
Son fils a découvert son corps mardi matin, selon la police, qui pense qu'elle est décédée entre minuit et 5h30 du matin.
« Selon les informations actuelles, les proches ont trouvé la femme de 58 ans sans vie sur sa péniche et ont alerté les pompiers, qui n'ont pu que confirmer le décès de la femme », a déclaré un porte-parole de la police aux médias locaux.
« Après avoir évalué les traces et les preuves, les autorités chargées de l’enquête estiment désormais que la femme est décédée des suites de violences. »
Le porte-parole a déclaré que les enquêteurs cherchaient des suspects potentiels et cherchaient à savoir si le meurtrier était connu de Fröhlich. « Compte tenu de l'enquête en cours, aucune information supplémentaire ne peut être fournie pour le moment », a-t-il précisé.
Les médias ont rapporté que des plongeurs étaient présents sur les lieux du crime, tandis que des spéculations circulent selon lesquelles l'arme aurait pu être jetée dans l'Elbe.
Fröhlich a débuté comme journaliste, d'abord en Ukraine, où elle a fondé un magazine féminin à Kiev. Elle a ensuite travaillé comme journaliste indépendante en Allemagne pour des magazines féminins et autres, comme Stern, avant de se consacrer à l'écriture de romans.
En 2012, elle a publié son premier roman, Ma belle-mère russe et autres catastrophes, qui, selon elle, était basé sur sa propre expérience de mariage avec un Russe. Il est entré dans la liste des best-sellers du magazine Der Spiegel, l'un des indicateurs les plus précis des ventes de fiction et de non-fiction en Allemagne, où elle est restée plusieurs mois. Il a ensuite été traduit en français. Un critique de l'époque l'a décrit comme « une satire hilarante entre l'Ouest et l'Est ». En 2016, elle a publié le roman policier La Mort est une certitude, qui a connu un succès similaire, suivi en 2019 de Squelettes dans le placard. Tous deux ont été publiés par Penguin. Ses romans se caractérisent par un mélange d'humour, d'histoires familiales et de sujets sociaux.
Malgré l'affinité évidente des Français pour le manga, il semblerait que les ventes astronomiques enregistrées par les bandes dessinées japonaises ces dernières années s'essoufflent. Au lendemain de la pandémie de Covid-19, des librairies spécialisées ont fleuri un peu partout, à Paris comme en province, afin de surfer sur cet engouement. Mais comme le constate Edmond Tourriol, cofondateur du studio de création de BD et de mangas Makma, il s'agissait à postériori d'une "mode éphémère", et elle est désormais sur la pente descendante. Une chute de 46 % des ventes de mangas, 78 % pour les figurines. Trop de sorties chaque semaine, trop de concurrence de la grande distribution et de la vente en ligne. [...] Autour de moi, je vois les faillites s’accélérer. Depuis 2024, les dépôts de bilan s’enchaînent, et 2025 pourrait être encore pire.
En 2021, 28 millions de mangas avaient été vendus en France, soit une augmentation de 120% par rapport à 2020. Comme si pendant le confinement, un nombre impressionnant de lecteurs s'était découvert une passion pour ce genre littéraire. Il faut dire aussi que pendant la pandémie, les dépenses étaient bien moindres (pas de restaurants, de bars, de voyages...) ce qui permettait d'octroyer un budget plus important à la culture. En 2022, selon nos confrères du Figaro, le phénomène s'est intensifié, avec 48 millions de ventes enregistrées, soit un marché lucratif de 381 millions d'euros. Ces ventes auraient été en partie dopées par le Pass Culture, surnommé le Pass Manga, qui a été abaissé au 1er mars 2025. Il est supprimé pour les 15-16 ans, il passe à 50 euros au lieu de 30 euros pour les jeunes de 17 ans, et à 150 euros au lieu de 300 euros, pour les jeunes de 18 ans. Alors que les ventes de mangas enregistrent déjà une baisse de 14,5 % au premier trimestre 2025, cette décision du gouvernement ne devrait pas tarder à aggraver la situation.
Une romancière place quatre titres à la suite des premières places du classement des meilleures ventes. Selon les données de l’institut, plus d’un livre sur deux vendus en France (52,6 % exactement) entre le 14 et le 20 avril 2025 est signé par la romancière américaine Freida McFadden, avec le dernier titre de la trilogie La femme de ménage voit tout (City – 12e place) qui culmine à plus de 230 000 ventes depuis sa sortie en octobre dernier. C’est d’autant plus remarquable que l’Américaine, médecin spécialiste des lésions cérébrales qui écrit sous pseudonyme, était inconnue il y a encore deux ans à la sortie de son premier roman La femme de ménage en 2023, aux éditions City. Le phénomène éditorial (qui s’est développé dans de nombreux pays) a pris de l’ampleur en France près d’un an après sa sortie en poche aux éditions J’ai Lu. La filiale du groupe Madrigall place d’ailleurs les trois premiers titres du classement, dont un inédit sorti le 16 avril, La psy, en tête des ventes. L’autre inédit, La prof, est publié en grand format par l’éditeur historique en France de Freida McFadden, City, et se place en 4e position du classement.
« Une joie absolue » : c’est ainsi qu’Hélène Fiamma, directrice des éditions J’ai Lu, a décrit l’onde de choc provoquée en interne par La femme de ménage, lors de l’émission Un monde nouveau sur France Inter en marge du Festival du Livre de Paris, le 12 avril dernier. Une aventure éditoriale fulgurante, rare dans sa vitesse et son intensité, qui éclaire les dynamiques nouvelles du marché, entre flair éditorial, relais communautaires et puissance des réseaux sociaux.
Tout commence début 2023. City Éditions, par l’entremise de Frédéric Thibaud, découvre cette autrice autoéditée aux États-Unis, alors inconnue en France. « Frédéric fait son rôle d’éditeur. Il lit le texte, il en devient dingue. Il décide de le publier », retrace Hélène Fiamma. Un pari osé, transformé quelques mois plus tard en raz-de-marée littéraire. En octobre 2023, J’ai Lu sort la version poche après en avoir acquis les droits aux enchères. La machine s’emballe.
« Je n’ai jamais vécu une aventure comme celle-là. Très peu d’éditeurs l’ont vécue. C’est exceptionnel », confie l’ancienne patronne de Payot & Rivages. Et pour cause : au-delà des chiffres, c’est une transformation des usages qui s’opère. « Des gens qui n’avaient jamais lu un livre de leur vie sont tombés sur La femme de ménage et ont été contaminés par le virus de la lecture », raconte-t-elle.
Ce succès, J’ai Lu l’a senti venir de l’intérieur.
« 80 % de la maison avait lu le manuscrit. On se le passait. Et souvent, le succès d’un livre commence par ça. » L’équipe marketing prend alors un virage audacieux, loin des clichés promotionnels du genre tels que “le best-seller de vos nuits blanches” ou “le phénomène international”. À la place, un bandeau inattendu : “Lu en moins de deux heures”. « On est parti des lecteurs. Ce qu’ils disaient sur les réseaux, c’était : “Je l’ai lu en 1 h 30”. On a voulu capitaliser sur ce ressenti immédiat », explique l'éditrice.
Mais le succès de Freida McFadden dépasse la simple mécanique marketing. Il repose sur une écriture accessible, tendue, efficace. « Freida McFadden a un art du twist absolument exceptionnel. Je me fais avoir à chaque fois, alors que j’ai lu des milliers de livres », s’enthousiasme Hélène Fiamma. À cela s’ajoute une profondeur sociologique inattendue : « Ses héroïnes — femmes de ménage, profs — exercent des métiers invisibles, dans les interstices de la société. Ce ne sont pas forcément des personnages attachants, mais ils sont puissants, ambivalents, profondément humains », analyse-t-elle.
Le choix du genre, lui aussi, joue un rôle stratégique. Le thriller psychologique, ou « suspense domestique », s’avère être un terrain idéal pour aborder des thèmes contemporains : précarité, rapports de classe, justice sociale, vengeance.
« Ce sont des femmes qui ont subi des violences, et qui finissent par se venger. Ce n’est peut-être pas moral, mais c’est libérateur. Et ça parle », résume l’éditrice.
Enfin, l’impact générationnel ne peut être ignoré : les Millennials et la Gen Z, très actifs sur TikTok, se sont approprié cette lecture. « C’est un parfait mix entre narration addictive et thèmes actuels. Une frontière floue entre travail et vie personnelle, qui résonne avec leur quotidien », constate la patronne de J'ai Lu. Résultat : un titre qui transcende les codes, fédère les publics, et redonne goût à la lecture. Un « livre déclic », pour reprendre le jargon.
« Dans l’édition, on n’invente pas grand-chose. Mais parfois, un livre révèle une époque. Et là, on est en plein dedans », conclut Hélène Fiamma.
Organisée en France par l'association Verbes et la librairie parisienne des Abbesses, cette fête correspond au samedi le plus proche de la Sant Jordi en Catalogne, une journée où on s'offre traditionnellement des roses et des livres. En Espagne, en 2024, il s'était vendu ce jour-là 1,98 million de livres, un record. Dans les pays francophones, la tradition n'est pas encore établie, mais les organisateurs de cette fête y travaillent.
Ce jour-là, les libraires offriront à chaque visiteur participant une rose et un livre. Il s'agit d'un ouvrage imprimé à 26000 exemplaires et édité par Gallimard. Dans celui-ci, cinq beaux livres ont été rassemblés en un. Son titre est Esprit es-tu là ? Cinq artistes et intellectuels ont participé à cette aventure éditoriale : Gabriel Dufay, Antoine Ginésy, Claire Morel, Daniel Sangsue et Vahram Muratyan.