Au Salon du Livre de Paris plusieurs associations de soutien à l’Ukraine ont perturbé la séance de dédicaces de la journaliste russe, organisée par son éditeur, Fayard, pour la sortie de son livre. L’après-midi a été mouvementée, samedi 12 avril, sur le stand des éditions Fayard au Festival du livre de Paris. Vers 14 h 30, un petit groupe de militants a fait irruption. Les slogans « Fayard finance l’extrême droite » ou « Bolloré, casse-toi, le monde du livre n’est pas à toi » ont retenti sous la verrière du Grand Palais, que le festival a retrouvé en 2025. L’équipe de la maison d’édition du Groupe Hachette, propriété du milliardaire Vincent Bolloré depuis 2023, regardait en silence.
L’ancienne présidente de la chaîne russe RT France a publié chez Fayard, en mars, un livre intitulé Bannie. Liberté d’expression sous condition (306 pages, 21, 90 euros). Depuis plusieurs jours, sa présence au festival suscitait des remous. Le 11 avril, le Comité Diderot, qui lutte contre la désinformation russe dans le cadre de la guerre en Ukraine, publiait sur son site internet un communiqué rédigé à l’initiative de Pour l’Ukraine, pour leur liberté et la nôtre !
Spotify poursuit sa percée dans le marché du livre audio. Depuis octobre, la plateforme de streaming suédoise propose douze heures d’écoute de livres audio chaque mois à ses abonnés premium français. Elle a annoncé vendredi un investissement de 1 million d’euros pour développer la production de livres audio dans ses marchés en croissance que sont notamment la France et les Pays-Bas.
« Cet investissement vise à enrichir le catalogue dans les pays où la pénétration des livres audio est encore relativement faible. Une partie importante de ce montant sera consacrée à la production de livre audio en français », indique au Figaro Jeremy Amsellem, directeur de la division livres audio pour Spotify Europe.
Spotify a signé des accords avec une centaine d’éditeurs français, dont les filiales spécialisées des groupes Hachette et Albin Michel (Audiolib), Editis (Lizzie) et Madrigall (Écoutez Lire). La maison mère de Gallimard et Flammarion sera l’un des « premiers partenaires » de Spotify dans le cadre de ce plan d’investissement, aux côtés de la plateforme française d’autoédition Librinova ou du micro-éditeur Lettre Zola. La plateforme va soutenir l’ensemble de ces acteurs pour financer la production de livres audio. Ces derniers seront « non exclusifs » et « pourront donc être hébergés sur l’ensemble des plateformes de lecture de livres, et ce dès leur lancement sur Spotify ». Les revenus relatifs à l’écoute de ces livres audio seront « intégralement reversés aux ayants droit aidés dans le cadre de ce projet ». Si le Suédois revendique des accords confidentiels avec chaque maison, il assure prendre sur ses marges - ce qu’il est en moyen de faire, étant devenu rentable en 2024 - pour rémunérer les ayants droit en fonction du temps d’écoute des livres audio. Spotify a élargi son offre de livres audio générés par intelligence artificielle (IA) en début d’année. Le groupe accepte désormais les contenus produits via la société spécialisée ElevenLabs, qui propose la transcription du texte à la voix synthétique en 32 langues. Le leader de l’auto-édition Libronova optera pour cette solution. Les autres éditeurs partenaires seront néanmoins libres de préférer une voix humaine s’ils le souhaitent. Cette nouvelle offensive dans le marché du livre audio est une manière pour Spotify d’élargir son contingent d’abonnés premium, qui avoisine 263 millions d’usagers à travers le monde. Surtout en France, où les abonnés premium Spotify sont bien moins nombreux qu’ils ne le sont aux États-Unis ou en Europe du Nord.
« Avoir une offre riche permet d’attirer de nouveaux utilisateurs qui ne sont pas encore sur Spotify », note Géraldine Igou, responsable de la communication en France.
Spotify doit cependant rattraper son retard avec Audible, déjà très implanté dans le paysage. Avec plus de 800.000 titres, dont 20.000 en français, le service d’Amazon domine les deux tiers du marché tricolore. En France, il propose un abonnement mensuel à 9,95 euros permettant l’écoute d’un livre audio au choix.
« L’atout de Spotify, c’est de proposer une plateforme unique et d’offrir un temps d’écoute plutôt qu’un seul livre mensuel, ce qui élargit le champ des possibles », veut croire Géraldine Igou.
L’exécutif souhaite une solution juridique qui permettra aux éditeurs et aux auteurs d’être rémunérés lors de l’achat d’un livre d’occasion, a annoncé le ministère de la Culture ce vendredi 11 avril 2025.
Cette évolution du droit a été donnée aux éditeurs comme la solution envisagée aux problèmes économiques posés par le livre d’occasion, à l’occasion de la venue du président Emmanuel Macron au Festival du livre de Paris.
Le ministère a indiqué que Rachida Dati saisissait le Conseil d’État afin de mettre en place un « droit de suite au droit d’auteur », s’appliquant lors des différentes reventes d’un même volume. Alors qu’aujourd’hui le marché de l’occasion échappe entièrement aux auteurs et éditeurs, entraînant pour eux un manque à gagner dans le commerce de leurs livres, cela permettrait d’imposer aux vendeurs de ces livres d’occasion de les rémunérer. Le produit de ce droit d'auteur sur le livre d'occasion serait reversé à un organisme de gestion collective au bénéfice du soutien à la création, selon le ministère de la Culture. La date de la mise en œuvre de la mesure reste cependant à déterminer.
« Cela nous satisfait », a déclaré à l’AFP le président du Syndicat national de l’édition, Vincent Montagne.
« La France, de la même manière qu’elle avait été pionnière avec la loi sur le prix unique du livre, peut montrer la voie », a espéré Vincent Montagne.
Lors de sa venue au Festival du livre 2024, le chef de l’État avait évoqué la possibilité d’une « contribution » des revendeurs de livres d’occasion pour la filière du livre, sans en donner la forme précise.
Le problème est devenu d’autant plus pressant que les grandes plateformes en ligne (Recyclivre, Rakuten, Momox, Vinted, etc.) proposent des livres de plus en plus récents, à des prix inférieurs à ceux pratiqués en librairie.
Inaugurée il y a près d'un siècle, la Bibliothèque d'étude et du patrimoine de Toulouse est un pilier de la mémoire culturelle en Haute-Garonne. Pour marquer cet anniversaire symbolique, l'établissement propose une exposition originale, co-construite avec les citoyens… Une icône du patrimoine toulousain. Véritable joyau architectural et gardienne de la mémoire locale, la Bibliothèque d’étude et du patrimoine de Toulouse fêtera en 2025 les 90 ans de son inauguration. Installée au cœur du quartier Saint-Sernin, cette institution de 8.500 m² conserve des trésors inestimables, offre un havre de tranquillité aux chercheurs comme aux curieux, et accueille une programmation culturelle foisonnante. Pour saluer ses neuf décennies de service au public, un projet inédit est en train de voir le jour, avec aux commandes : les Toulousains. Chapeautée par le Réseau des bibliothèques de Toulouse, cette exposition participative invite le public à choisir les œuvres qui seront mises à l’honneur en septembre prochain. Au programme : manuscrits rares, livres d’artiste, journaux d’époque, gravures… Autant de témoins précieux du patrimoine éditorial conservé entre les murs de la bibliothèque.
[...] Sélectionnez vos coups de cœur parmi les pièces les plus étonnantes, précieuses, émouvantes de la collection patrimoniale de la bibliothèque embrassant six siècles d’édition", propose le Réseau des bibliothèques toulousaines.
60 œuvres sont soumises au vote via une plateforme en ligne. Chacun peut non seulement désigner ses préférées, mais aussi laisser un commentaire, qui pourrait (qui sait) figurer dans l’exposition finale.
La sélection comprend un Jeu de l'oie sur le thème du Tour du monde en 80 jours, créé en 1875 par l'éditeur Hetzel. Cette initiative citoyenne s’inscrit dans le cadre des célébrations du 90e anniversaire d’un édifice majeur du paysage culturel toulousain. Sortie de terre en 1935, la Bibliothèque d’étude et du patrimoine a vu le jour dans un contexte de crise économique, et alors que Toulouse manquait cruellement de structures dignes de ce nom pour préserver ses archives. Jean Montariol signe ici son œuvre la plus emblématique. Fidèle au style Art déco des années 1930, il résiste aux pressions de Pol Neveux, inspecteur général des bibliothèques, partisan d’un style fonctionnel et épuré. Montariol, lui, défend une vision où l’esthétique a toute sa place : fresques, frises sculptées, fontaines... chaque détail participe à faire de ce lieu "le palais rêvé des livres et des travailleurs", comme le voulait la municipalité.
Aujourd’hui, la bibliothèque continue d’honorer ses missions premières (conservation, transmission, accueil) tout en s’ouvrant à de nouveaux usages. Elle propose toute l’année une riche programmation :
Rencontres autour de documents originaux avec Les Inattendus ;
Lectures critiques avec le club Lectures philosophiques ;
Les dessous de la création, pour découvrir les coulisses de l’écriture et de l’édition.
Et pour les oreilles curieuses, chaque quatrième vendredi du mois, les Music-halte proposent de participer à des rencontres et prestations de musiciens. Pour plus de sensations, il n'est pas rare que la cour (ou le sous-sol) se transforme en véritable dancefloor, où DJ sets et performances musicales se succèdent. Bien qu’elle ait presque un siècle, la Bibliothèque d’étude et du patrimoine n’a rien perdu de sa vitalité. À travers cette exposition participative, elle confirme son ambition : faire vivre le patrimoine en impliquant ceux qui le consultent, le feuillettent, le transmettent. Un anniversaire qui sonne comme une nouvelle promesse : celle d’un lieu qui continue de s’écrire avec et pour tous les Toulousains.
A l'occasion de leur nouveau live twitch ayant eu lieu cette semaine, les éditions Doki-Doki ont annoncé des prix réduits sur certains mangas de leur catalogue. Les volumes concernés sont 50 nuances de gras 1 qui est proposé à 3€, ainsi que le volume 1 de Coffee Moon, le one-shot Space Chef Caisar en grand format et et les tomes 1 à 3 de Play It Cool, Guys qui sont vendus 4,99€. L'offre est d'ores et déjà lancée en librairies, et sera valable jusqu'à rupture des stocks. Les tomes concernés sont indiqués par un sticker, et l'offre n'est valable que sur ceux-ci.
Synopsis de 50 nuances de gras :
Les frites sont un aliment sacré, un cadeau des dieux ! Naoe travaille dans un centre de massage et de bien-être, où il soulage les gens de leurs petits bobos. Mais le jour où il voit débarquer Erefuda, une étrange jeune femme un peu grassouillette, il comprend qu'il a affaire à un cas critique... Sa patiente n'est autre qu'une elfe, coincée dans notre monde à cause de son surpoids ! Erefuda a commis l'erreur de goûter à la nourriture terrestre et depuis, elle est complètement accro aux frites ! Avec son sale caractère et sa totale mauvaise foi, l'elfe est loin d'être commode… Et Naoe va découvrir qu'elle n'est pas la seule créature fantastique à avoir besoin de son aide pour rester en pleine(s) forme(s) !
Synopsis de Coffee Moon :
Pieta est une jeune fille qui vit une existence ordinaire dans un monde arrosé en permanence par une pluie noire. Tous les jours, il pleut. Tous les jours, elle se rend à son école en empruntant le même chemin. Tous les jours, elle discute avec son amie Danae. Dans cette routine et ce quotidien immuables, Pieta est heureuse. Ce jour-là, comme d'habitude, elle s'attend à discuter joyeusement avec Danae, mais…
Synopsis de Space Chef Caisar :
An 999 du calendrier spatial... trois jolies filles, les "monster hunters" du team Manade, sillonnent la galaxie. À leurs côtés voyage un jeune chef, sous les frêles traits duquel se cache la légende des fourneaux galactiques : Caisar ! De son hachoir, il pourfend avec aisance tous les ingrédients et les embûches qui se dressent devant lui... mais quel est son vrai but ?
Synopsis de Play It Cool, Guys :
À première vue, ces quatre jeunes hommes ont tous l’air très cool et même un brin difficiles à approcher. Mais en entrant dans leur quotidien, vous comprendrez vite qu’ils sont en fait incroyablement étourdis ! Et c’est justement ce qui fait tout leur charme et les rend si attachants. Aucun doute que vous finirez, vous aussi, par les aimer ! Alors installez-vous confortablement, sortez le pop corn et admirez ces beaux garçons maladroits essayer d'être cool toute la journée. Le spectacle en vaut la peine !
C’est une des décisions prises au conseil d’agglomération qui s’est déroulé jeudi 3 avril 2025. À la demande de l’association Recupculture, un emplacement va être mis à disposition pour installer une borne de collecte de livres à la déchèterie de Saint-Malo (Ille-et-Vilaine).
Après avoir été triés, les ouvrages seront revendus sur le marché de l’occasion par des plateformes de vente en ligne ou lors d’évènements organisés par l’association, comme des bourses aux livres.
L’association souhaite donner une seconde vie aux objets culturels et ainsi éviter l’incinération dans une démarche environnementale. Les activités de stockage et de tri seront réalisées par l’Esat (Établissement et service d’accompagnement par le travail) de l’association du Domaine de Châteauneuf-d’Ille-et-Vilaine, dans le cadre d’un partenariat afin de favoriser l’emploi et le développement des agents en situation de handicap.
La convention a été conclue pour une durée de six ans.
Oubliez le mythe de l’écrivain vivant confortablement de sa plume : les auteurs de livres en France se disent de moins en moins bien payés par leurs éditeurs, avec des rémunérations qui stagnent en dépit de l’inflation, montre une étude publiée mercredi 9 avril 2025 par deux organisations représentatives. Ce « baromètre des relations auteurs/éditeurs » est réalisé tous les deux ou trois ans par la Société civile des auteurs multimédia (Scam) et la Société des gens de lettres (SGDL). Il est basé sur les réponses de 1.768 auteurs à un questionnaire qui leur a été soumis en février 2025.
La rémunération de l’auteur dans le prix hors taxe d’un livre imprimé atteint, « tous genres confondus », un taux médian de 8 %. Cela équivaut à 1,53 euro pour un ouvrage vendu 20 euros, une part qui reste stable depuis de longues années.
Ce « baromètre des relations auteurs/éditeurs » est réalisé tous les deux ou trois ans par la Société civile des auteurs multimédia (Scam) et la Société des gens de lettres (SGDL). Il est basé sur les réponses de 1.768 auteurs à un questionnaire qui leur a été soumis en février 2025.
Mais la Scam et la SGDL y voient « une rémunération toujours trop faible » et « de fortes disparités selon les genres ». Le problème dans la rémunération vient de l’à-valoir, autrement dit le minimum garanti pour l’auteur quelles que soient les ventes de son livre qui, pour nombre d’entre eux, sera le seul salaire perçu.
Son montant a tendance à stagner sans suivre l’inflation. « Pour 68 % des autrices et auteurs, le montant proposé dans leur dernier contrat est inférieur à 3.000 euros, sans changement depuis 2009 », alors que les prix à la consommation en France ont augmenté de plus de 27 % depuis cette date !
« Les coûts de fabrication ont baissé, ceux de la vie ont augmenté, et les à-valoir des auteurs restent toujours les mêmes », a commenté la romancière et l’une des dirigeantes de la Scam, Isabelle Jarry, lors d’un débat sur ce baromètre organisé par Livres Hebdo.
« Il y a des moments où vous bossez 18 mois, deux ans, sur des travaux, même universitaires – et je ne parle même pas de roman – et vous recevez 1.800 euros […] Les éditeurs peuvent dire ce qu’ils veulent, ça pose un problème », a insisté le directeur général de la Scam, Hervé Rony.
La lecture n'a plus la cote chez les Français. La part des sondés qui déclarent lire "moyennement" ou "beaucoup", tombée à 56%, n'a jamais été aussi faible depuis la première enquête de ce type en 2015, selon une étude publiée mardi 8 avril par le Centre national du livre(Nouvelle fenêtre). Ce baromètre bisannuel intitulé "Les Français et la lecture" voit s'accélérer la tendance à la réduction du temps consacré au livre. 45 % des sondés déclarent ainsi lire quotidiennement, soit un recul de 4 points en un an. Il s'agit également du "niveau le plus bas jamais atteint depuis 10 ans", selon la synthèse de l'étude.
"Cette baisse concerne toutes les catégories", selon l'institut Ipsos, qui a réalisé ce sondage, revélé par Le Figaro(Nouvelle fenêtre), en interrogeant 1 001 personnes de 15 ans et plus par téléphone fin janvier et début février. "La lecture est menacée. Les données révélées par notre baromètre sont inquiétantes", a affirmé dans un communiqué Régine Hatchondo, la présidente du CNL, établissement public de promotion du livre.
Par rapport à 2023, "le temps passé à lire chaque semaine dans le cadre des loisirs diminue de 10 minutes par jour, soit plus d'une heure par semaine", selon Ipsos. Il est estimé par les sondés à 3 heures 40 par semaine, soit 31 minutes par jour (contre 41 minutes deux ans auparavant). Ce temps est le plus faible chez les 35-49 ans (22 minutes par jour) et le plus élevé chez les 65 ans et plus (46 minutes par jour). Chez les lecteurs, comme raison qui empêche de lire plus, 68% répondent qu'ils n'ont "pas le temps", 61% qu'ils préfèrent "d'autres loisirs", 47% qu'ils lisent "autre chose que des livres" et 32% qu'ils arrivent pas à se "concentrer suffisamment".
Concernant les points de vente des livres papier, les grandes surfaces culturelles (type Fnac, Espace E.Leclerc ou Cultura) arrivent en tête (fréquentées par 75% des sondés), dépassant désormais les librairies (66%), et devant les sites internet marchands (51%). Raisons invoquées pour ne pas aller en librairie: leur éloignement (50%), le fait que le livre souhaité n'est pas toujours en stock (32%) et des prix perçus comme "plus élevés qu'ailleurs" (31%) alors que la loi impose un prix unique pour les livres neufs quel que soit le lieu d'achat.
Les interdictions se sont multipliées ces dernières années et plusieurs États, du Texas à la Floride en passant par l'Iowa et l'Utah, ont adopté des lois limitant les acquisitions des bibliothèques scolaires.
Dans son nouveau rapport sur l'état des bibliothèques américaines publié lundi, L'ALA a recensé 821 tentatives de censure de livres dans les bibliothèques, les écoles et les universités en 2024. Il s'agit d'une baisse par rapport à l'année précédente, où l'association en avait signalé 1247. La majorité des contestations (70%) proviennent de campagnes organisées ou d'élus alors que seulement 16 % émanent d'un parent, a indiqué l'ALA.
Les livres les plus critiqués, notamment «Genre Queer» de Maia Kobabe et «L'Oeil le plus bleu» de la regrettée Toni Morrison, sont disponibles sur des sites web tels que www.ratedbooks.org et dans des listes compilées par le groupe Moms for Liberty et d'autres militants conservateurs.
«Nous pouvons retracer bon nombre de ces contestations grâce aux listes de livres distribuées par Moms for Liberty et d'autres groupes», a expliqué Deborah Caldwell-Stone, directrice du Bureau pour la liberté intellectuelle de l'ALA.
La consommation de contenus audio en France poursuit sa progression, dopée par une adoption massive chez les jeunes adultes. C’est ce que révèle la cinquième édition du baromètre annuel « Les Français et le contenu audio », publié ce lundi par Audible, en partenariat avec OpinionWay.
Selon cette étude menée auprès de 3 005 personnes, 62 % des Français ont déjà écouté un contenu audio – podcast, série ou livre audio –, contre 55 % en 2020. La dynamique est encore plus marquée chez les moins de 35 ans : 82 % d’entre eux ont recours à ces formats, et plus de la moitié (51 %) écoutent des livres audio. Ce chiffre grimpe à 55 % chez les 20-24 ans, en hausse de 16 points en cinq ans. Audible observe une mutation des pratiques culturelles, où l’audio ne remplace pas, mais complète la lecture papier et numérique. Ainsi, 72 % des auditeurs déclarent lire autant, voire plus, depuis qu’ils consomment des livres audio. Le format agit comme un levier de découvrabilité : 68 % des répondants indiquent avoir découvert de nouveaux auteurs grâce à l’audio, souvent en dehors de leur spectre de lecture traditionnel.
La redécouverte des classiques bénéficie également de cette tendance (lire ci-après). Des titres comme Le Comte de Monte-Cristo d’Alexandre Dumas, Les Misérables de Victor Hugo ou 1984 de Georges Orwell réinterprété dans une version originale Audible avec Dali Benssalah, Laëtitia Casta et Lambert Wilson, figurent parmi les contenus les plus écoutés en 2024.
Le segment du livre audio se structure autour de genres variés, avec une croissance notable des catégories Développement personnel, Santé, Parentalité et Bien-être, qui séduisent notamment les moins de 35 ans. Ces derniers privilégient également les romans policiers, thrillers et fictions contemporaines. Par ailleurs, 60 % des auditeurs consomment en audio des titres différents de ceux qu’ils lisent en format papier ou numérique, traduisant une complémentarité croissante entre les supports.
Si un Français sur trois écoute des livres audio (31 %), la croissance est avant tout tirée par les jeunes adultes, confirmant le rôle stratégique de cette cible pour les acteurs du secteur. Audible revendique plusieurs succès en 2024, dont des titres de Joël Dicker (Un Animal Sauvage), Guillaume Musso, ou encore Jean-Baptiste Andrea (Veiller sur elle, Prix Goncourt 2023).
Ce basculement générationnel conforte Audible dans sa stratégie de diversification de l’offre audio. « Les livres audio permettent d’élargir l’audience de la littérature et de démocratiser l’accès à des œuvres complexes, tout en répondant aux contraintes du quotidien », résume Aurélie De Troyer, directrice des contenus Audible pour l’Europe.
La filiale d’Amazon reste leader d’un marché français complètement bouleversé après l’arrivée en fin d’année de Spotify. Les deux géants du web se livrent depuis quelques semaines à un combat de stratégie, Amazon venant d’annoncer l’ouverture de son catalogue Audible à ses abonnés Amazon Music, et de visibilité. Aux États-Unis, l’entrée sur le marché de l’audio de Spotify il y a deux ans et demi avait doublé les perspectives de croissance du secteur lors de sa première année de présence.