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31 mai 2024

Une braderie organisée après un don d'un millier de polars

La librairie L’établi des mots organise une braderie de livres les 8 et 9 juin dans le quartier du Blosne, à Rennes. Le don d’un client de cette librairie coopérative est à l’origine de cet évènement.

Nadège Lucas de l’Établi des mots, la librairie coopérative, gérée collectivement par des sociétaires, raconte : " Nous avons ouvert, il y a quelques mois un rayon de livres d’occasion et l’un des clients nous a dit qu’il souhaitait nous offrir un millier de polars. On ne voulait pas refuser ce joli cadeau, mais la librairie est trop petite alors on a pensé à organiser une braderie de livres… "

Une première dans le quartier. En plein air, mais abritée, avec buvette, musique et zone de gratuité, une braderie de livres étalée sur deux jours pour avoir le temps de bien regarder…

« Finalement, il n’y aura pas que des polars, nos sociétaires et d’autres clients ont aussi fait des dons et la collecte continue jusqu’au samedi 1er juin 2024. Il y a toutes sortes de livres à tout petits prix et pleins de gratuits, car les éditeurs nous en offrent souvent. »

La librairie sera ouverte le samedi et exceptionnellement le dimanche, si vraiment on recherche un livre très récent. La braderie sera aussi l’occasion de rencontrer des sociétaires et de s’informer, si on le souhaite sur son fonctionnement particulier.

Source : Ouest France

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30 mai 2024

Lire au pied des immeubles, le concept de "bibliothèque de rue" pour inciter à la lecture soutenu par ATD Quart Monde

Des bénévoles qui vont dans des quartiers prioritaires pour lire des livres aux enfants, au pied de leur immeuble, c'est l'initiative relancée à Nantes par ATD Quart Monde. La "bibliothèque de rue". Ce mercredi après-midi, le temps n'est pas favorable à l'exercice, mais qu'importe, il en faut plus pour décourager les bénévoles d'ATD Quart Monde.  Pour créer un lieu un peu protégé, au pied d'un immeuble du quartier de Bellevue, dans le nord de Nantes, ils essayent de tendre une toile sur l'herbe du petit square avec piquets et sardines, mais la méthode n'y est pas et le vent a décidé de s'en mêler... et emmêle tout. La bruine finit par aller doucher d'autres initiatives et on décide de poser quelques bâches au sol. La grosse valise rose est ouverte, on pioche dedans et on s'assoit pour commencer la lecture.

C'est Bernadette qui s'y colle la première. L'auditoire est clairsemé, mais il est vrai que cette animation n'a été relancée qu'au début du printemps. Abandonnée pendant une quinzaine d'années, elle renait grâce à une donation de livres faite par un couple d'habitants du quartier et à la quinzaine de bénévoles qui donnent de leur temps, ici le mercredi et dans le quartier de Rezé-château le samedi.

Zilan, une petite fille kurde de 9 ans, est déjà une habituée. Elle dit venir depuis plusieurs mercredis.

"J'aime lire, dit-elle, et écouter. Comme ça, j'apprends le Français. J'aime bien les romans. On apprend des choses. J'ai 16 livres chez moi."

A côté d'elle, Adelina, une voisine de son immeuble, écoute l'histoire que lit Bernadette. 

"J'aime bien les bandes dessinées, dit-elle, je dessine aussi."

L'association prévoit d'acheter d'autres albums pour enrichir sa collection.

"Les grands frères et les grandes sœurs amènent les plus petits", explique Maïté Orgogozo, bénévole à ATD Quart Monde.

"Pendant l'été, poursuit Maïté, il est possible que des jeunes qui se baladeront aient envie de se poser dans l'herbe avec nous et de lire."

Zilan, tout en écoutant l'histoire, a pris un crayon pour faire un dessin sur une petite feuille. Des affiches ont été posées en divers lieux pour faire connaître cette animation. Etre sur le chemin des habitants du quartier, se faire voir, en espérant que les enfants viendront écouter les histoires et iront ensuite prendre leur carte dans une bibliothèque municipale, c'est ce qui motive ces bénévoles.

"La semaine dernière, témoigne Bruno, un autre bénévole, on a discuté avec des mamans. Elles sont venues s'assoir avec nous et ont vu que leurs enfants appréciaient la lecture."

Pour ATD Quart Monde, les bibliothèques de rue sont un véritable levier "pour lutter contre l'exclusion et favoriser la créativité."

Source : France 3 Pays de la Loire

29 mai 2024

À Lille, c'est l'hécatombe des librairies indépendantes

Les librairies indépendantes de Lille sont en train d morfler en ce moment. Trois d'entre elles, Meura, La Petite et Godon ont annoncé leur fermeture imminente. Et Place Ronde est à bout de souffle, au point que les Amis de la librairie ont lancé un appel à l'aide pour ne pas perdre la super librairie de la place de Strasbourg. On vous détaille tout ça. Avec la fête des librairies indépendantes qui arrivent ce samedi, on aurait préféré vous donner de bonnes nouvelles littéraires. Mais la situation ne s'y prête pas, au contraire on est en train de perdre plusieurs supers librairies lilloises, pour des raisons économiques pour certaines, par fatigue ou pour des raisons personnelles pour d'autres. Pour La Petite, rue Colbert, le clap de fin a lieu ce samedi 27 avril. Pour des raisons personnelles d'une part mais aussi parce que les revenus dégagés sont insuffisants. Godon, spécialisée en livres anciens est en plein déstockage afin de fermer boutique le 29 juin. 
"On a envie de changer un peu et d'être plus libre. Et puis le bail va expirer, le loyer va augmenter pour s'aligner sur les prix du Vieux-Lille, ce qui est incompatible avec notre activité", avait expliqué Jérôme le libraire à  Vozer.
Meura, spécialisée dans les sciences humaines n'est désormais ouverte que le samedi dans la rue Valmy et va organiser un pot de départ en juin avant de baisser définitivement le rideau. Lilya la libraire avait envie de fermer depuis un moment maintenant, pour raisons médicales et par fatigue, a-t-elle expliqué à La Voix du Nord. Il faut dire que la libraire était devenue une habituée du commissariat de police, entre les cambriolages, les vitrines cassées, le vandalisme, etc. Sans parler de la difficulté financière en tant que commerce indépendant. La Place Ronde, située sur la place de Strasbourg est à deux doigts de fermer aussi. 

"On est en train de crever la gueule ouverte, alerte Fabienne, la fondatrice et gérante de La Place Ronde depuis 2018. On est dans une ubérisation totale de la consommation et de la société, tout se commande sur internet, il y a une désaffection totale des commerces indépendants. Les seules librairies qui tiennent sont celles qui ont des subventions de l'Etat qui sont différentes d'une librairie à une autre. Je suis smicarde quand j'arrive à me payer. La crise économique et internationale met tout par terre, tout comme la politique d'en haut qui transforme notre mode de vie en entrepôts logistiques et en camion sur la route."
Pour Fabienne, il reste cependant un petit espoir. Des Amis de la Place Ronde ont lancé un appel à l'aide accompagné d'une cagnotte pour aider Fabienne à "renaître".

"C'est de l'argent qui va me permettre de faire face aux difficultés actuelles, régler les créances en cours. Et avec un peu de chance, à maintenir la librairie à Lille ou ailleurs, explique la soixantenaire à trois ans de la retraite. Si on m'aide, je trouverai la force nécessaire pour continuer même si physiquement je n'en peux plus. Je continuerai à mener le combat." Autrement dit, si vous voulez conserver la librairie, voici le lien pour faire un don.

29 mai 2024

Remplacement des traducteurs par des IA par certains éditeurs

«Il n’y a aucune raison que l’édition vive dans une réserve alors que l’intelligence artificielle finira par être utilisée dans tous les secteurs », explique au Figaro Renaud Lefebvre, directeur général du syndicat national de l’édition (SNE).

«Le téléphone a commencé à moins sonner, puis les deux maisons avec qui j’ai l’habitude de travailler m’ont tout simplement annoncé qu’elles préféraient se tourner vers des solutions d’intelligence artificielle, faute de moyens », confie de son côté Capucine, traductrice de livres pratiques, d’ouvrages de développement personnel et de biographies de stars.

« C’est la deuxième maison en quatre mois qui me propose des contrats au rabais, en troquant mon statut d’auteur pour celui de prestataire de services », témoigne un autre traducteur : « On me demande désormais d’éditer à la marge des textes, qui ont préalablement été traduits par une machine ».

« Dans les traductions littéraires, l’utilisation de l’intelligence artificielle n’est pas envisageable », tempère Anne Michel, à la tête du département étranger chez Albin Michel, qui note que « Dans les contrats rédigés par les maisons d’édition anglo-saxonnes, il est désormais demandé très spécifiquement, depuis plus de six mois, que les traductions soient faites par des humains et non par la machine ».

A contrario, des éditeurs de BD, mangas et webtoons se tournent désormais vers GeoComix/ComixSuite, une start-up française qui développe depuis 8 ans « une Intelligence Artificielle unique capable d'extraire et d'analyser tous les éléments présents sur une page de bande dessinée », de sorte d'automatiser la traduction et la réécriture des légendes dans plusieurs langues.

Une société britannique, DeepZen, « promet de son côté aux éditeurs de diviser par dix le temps de production d’un livre audio, et par quatre le coût de conception ». Le Figaro relève qu'Audible « propose déjà plus de 40 000 livres audio dont les voix sont générées par IA », et que le deuxième groupe d’édition du monde, HarperCollins, vient de son côté d’officialiser un partenariat avec la start-up de clonage de voix, ElevenLabs, afin d’élargir son catalogue de livres audio en langues étrangères à coût réduit.

« Nous sommes dans un moment pivot. C’est inévitable que des emplois soient décimés dans les prochains mois », explique au Figaro Stephan Kalb, membre du bureau de l’association professionnelle LESVOIX qui, avec le Syndicat Français des Artistes interprètes (SFA), a lancé une pétition en janvier, Pour un doublage créé par des humains pour des humains, qui affiche plus de 120 000 signatures :

« Nous risquons d’être parmi les premier·es à être remplacé·es, à très court terme par les outils de l’intelligence artificielle générative (IAG), capables de traduire, cloner, synthétiser des textes, des voix, des interprétations et des émotions avec une similitude étonnante. Nous sommes en première ligne car le traitement des données vocales nécessite moins de puissance de calcul que l’image. »

Source : Next

28 mai 2024

Les éditions Pika à l'assaut des magasins Fnac en juin

Le mois prochain, les éditions Pika s'associent avec le réseau Fnac pour proposer une tournée où animations et goodies seront au programme.  Du 1er au 15 juin, 5 boutiques de France accueilleront l'événement selon le calendrier suivant :
- le 1er juin à Paris Commercial Beaugrenelle,
- le 5 juin à Montpellier,
- le 8 juin à Besançon,
- le12 juin  à La-Roche-Sur-Yon,
- le 15 juin à Colmar.
Quant aux animations , voici ce qui attendra les visiteurs :

  • une animation de simulation de tir ou SimGoal qui permettra aux participants de défier le fameux Blue Lock Man ! A la clé : de nombreux goodies Blue Lock ! (note : cette animation ne sera pas proposée sur la date parisienne du 1er juin),
  • une machine à pince avec laquelle vous êtes sûrs de repartir avec un cadeau (nombreux tote bags, magnets, pin’s, posters Blue Lock, L’Attaque des Titans, Ton Visage au Clair de Lune, L’Atelier des Sorciers ou Gachiakuta, etc…),
  • une borne photos avec plusieurs fonds disponibles : Blue Lock, Dreamland, L’Attaque des Titans, Ton Visage au Clair de Lune et L’Atelier des Sorciers,
  • des silhouettes issues du manga Gachiakuta !,
  • des quiz qui vous permettront de remporter de superbes lots dont de nombreux tote bags, magnets, pin’s, posters à l’image de plusieurs séries de notre catalogue mais aussi des standees Gachiakuta et Blue Lock !

Les animations auront lieu de 14h à 17h à chaque date sauf pour le 1er juin à la FNAC Beaugrenelle pour laquelle les animations auront lieu de 10h à 17h.

Source : Manga News

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27 mai 2024

Prolongation de la période de mise sous tutelle pour la librairie du Forum du livre à Rennes

Mi-février, la librairie du Forum du livre, située dans le centre commercial de la Visitation à Rennes, était placée en redressement judiciaire. Cette période de mise sous tutelle du tribunal de commerce a été prolongée jusqu’au 24 août. D’ores et déjà, plusieurs repreneurs se sont fait connaître.

« C’est au tribunal d’étudier les offres de reprise, explique François-Regis Sirjacq, le président. Nous sommes soulagés qu’il y ait plusieurs offres. Le tribunal donnera-t-il suite ? Je ne sais pas. Mais cela nous a redonné de l’espoir. Notre degré d’optimisme est meilleur. Le magasin tourne. Les rayonnages sont  

approvisionnés, les clients sont au rendez-vous. On a de l’espoir. »

À Rennes, le Forum du livre est une institution commerciale. Cette grande librairie-papeterie a prospéré sur les quais de Vilaine entre 1985 et 2013 (aujourd’hui devenu Zara). Puis, le commerce s’est installé à son emplacement actuel. Il emploie aujourd’hui 28 salariés.

Source : Le Télégramme

25 mai 2024

Ouverture d'une enquête après des photos montrant des soldats israéliens brulant des livres

L'armée israélienne a indiqué vendredi avoir ouvert une enquête après la diffusion sur les réseaux sociaux d'une photo et d'une vidéo montrant ce qui semble être des soldats israéliens brûlant des livres à Gaza, et possiblement un exemplaire du Coran. «Une enquête a été ouverte par le pôle criminel de la police militaire», a indiqué à l'AFP l'armée en réponse à une question sur ce cliché. «Le comportement dans la vidéo n'est pas conforme aux valeurs» de l'armée israélienne qui dit «respecter toutes les religions» et «condamne catégoriquement ce type de comportement».

Une vidéo virale, dont l'AFP n'avait pas encore pu vérifier l'authenticité vendredi soir, montre un soldat portant un treillis semblable à ceux en usage dans l'armée israélienne et lançant un livre qui pourrait être un exemplaire du Coran dans un feu. Une autre photo largement diffusée en ligne montre ce qui semble être un soldat israélien posant devant des livres en feu à Gaza. La vidéo et le cliché ont été diffusés sur des télévisions israéliennes. Un journaliste du site d'enquête et de vérification des faits Bellingcat a déterminé que les étagères chargées de livres qui apparaissent en arrière-plan sur la photo correspondent à celles de la bibliothèque de l'université Al-Aqsa à Gaza. 

Source : Le Figaro

24 mai 2024

Une imprimerie ukrainienne détruite par des missiles russes

Factor Druk, l'une des plus grandes imprimeries d'Ukraine, a été touchée lors d'une attaque russe contre Kharkiv jeudi 23 mai. Il y a eu de nombreux blessés et aussi des morts. C'est ce que rapporte le portail industriel ukrainien Chytomo. Katapult Verlag a lancé le même jour une campagne de collecte de fonds.  Le département de reliure de l'entreprise a apparemment été particulièrement touché . Chytomo cite , entre autres, Oleh Syniehubov de l'administration régionale de Kharkiv. Selon lui, deux personnes ont été tuées et six blessées dans les locaux de l'entreprise. Cependant, le nombre de victimes a dû être révisé à la hausse au cours de la journée, à au moins sept morts et 21 blessés , comme l'a récemment déclaré Chytomo. Il y avait apparemment 50 personnes sur le site lorsque les roquettes ont frappé. 

L'écrivain ukrainien Andrei Kurkov a publié des photos de la destruction sur les réseaux sociaux avec le commentaire suivant : "Des imprimeurs et des ouvriers ont été tués et blessés, des livres ont été brûlés. Bienvenue dans le monde russe."

La grande imprimerie fait partie du groupe d'entreprises Factor , qui comprend également Vivat Verlag et la librairie du même nom. L'imprimerie emploie plus de 400 personnes et peut produire 50 millions de livres (reliés et de poche) par an, ainsi qu'une capacité de 100 millions de magazines et 300 millions de journaux. Presque tous les éditeurs ukrainiens font produire leurs livres ici, explique Chytomo.

Source : Boersenblatt

23 mai 2024

La bande dessinée reconnue au patrimoine culturel immatériel de la Région bruxelloise

L’art de la bande dessinée a été reconnu au patrimoine culturel immatériel de la Région de Bruxelles-Capitale, a annoncé jeudi la secrétaire d’État bruxelloise à l’Urbanisme et au Patrimoine, Ans Persoons, lors d’une conférence de presse organisée au Centre belge de la bande dessinée. Après le spéculoos, le clubbing, ou encore la tradition des marionnettes à tringles, la BD devient le vingtième élément constitutif de l’identité, du folklore et de la culture bruxelloise.

"C’est avec beaucoup de fierté et après un travail acharné, avec le soutien d’urban.brussels, que le 'petit monde' de la bande dessinée peut aujourd’hui célébrer et s’enorgueillir de cette très belle reconnaissance", s’est réjoui la directrice du Centre belge de la BD, Isabelle Debekker.

Depuis presque 200 ans, le neuvième art se pratique en Belgique et principalement à Bruxelles. Plusieurs éléments ont toutefois participé à transformer la capitale en haut lieu de la bande dessinée, à commencer par Hergé. Avec le succès mondial de Tintin, l’auteur bruxellois a contribué, dès 1929, à la renommée internationale de la BD belge.

Outre l’influence d’Hergé, le pays a également été pendant longtemps, à partir de la fin du 18e siècle, un "important centre d’édition et de publications de BD". Depuis 2010, la capitale accueille par ailleurs la Fête de la BD avec le BD Comic Strip Festival.

Divers musées et institutions bruxelloises dédiées à cet art, ainsi que plusieurs écoles offrant des formations dans le domaine, achèvent de contribuer au foisonnement de la bande dessinée à échelle régionale et nationale.

Ans Persoons espère que cette reconnaissance permettra d’obtenir le titre de patrimoine culturel immatériel de l’Unesco en 2029, à l’occasion du centenaire du premier album de Tintin.

Source : RTBF

23 mai 2024

Condamnation de la Sécurité sociale des auteurs au profit de Jean-Marie Gustave Le Clézio

L’écrivain Jean-Marie Gustave Le Clézio, plus connu sous la signature J.M.G Le Clézio, a fait condamner en justice l’Agessa, la Sécurité sociale des artistes auteurs, a annoncé son avocat, mercredi 22 mai. L’auteur du Procès-verbal, du Chercheur d’or ou encore de Désert a notamment fait valoir des manquements dans la gestion de son compte retraite. Le jugement, rendu le 20 décembre 2023 par le Pôle Social du Tribunal judiciaire de Paris, a ainsi condamné l'organisme chargé de la gestion des régimes d'assurances sociales des artistes auteurs à indemniser J.M.G Le Clézio à hauteur de plus de 20 000 euros.Le lauréat du Nobel 2008 avait décidé, en février 2022, de saisir seul la justice contre l’Agessa, reprochant alors à l’organisme de ne pas avoir transmis à la Caisse nationale d'assurance vieillesse ses données retraite en 2008, 2009 et 2010. Ce manquement a notamment eu pour effet de tronquer la pension de retraite de base à taux plein de l’écrivain, en la chiffrant à 1 443 euros bruts par mois. La Caisse nationale d'assurance vieillesse a fait savoir qu'elle ne pouvait prendre en compte les droits d'auteur perçus par M. Clezio pour les trois années citées, à défaut d'une quelconque indication de la part de l'Agessa. Or, M. Le Clézio assure avoir justifié ses ressources sur cette période et avoir réglé des cotisations précomptées par le biais de son éditeur, Gallimard. Dans son jugement, le tribunal estime que les revenus de ces années, constitués par les droits d'auteur, auraient dû être pris en compte dans le calcul de la retraite du plaignant. Autre dysfonctionnement, mis à jour par son conseil Me Dimitri Pincent : l'Agessa n'a jamais inscrit l'auteur de Poisson d'or et Révolutions sur le régime de retraite complémentaire de l'IRCEC. Le Tribunal a donc reconnu cette « faute », qui a privé l'auteur de toute pension de retraite complémentaire. D’après le conseil de J.M.G Le Clézio, celui-ci est « satisfait du jugement sur le plan des principes ». Contactée par l'AFP, l'avocate de l'Agessa, Me Florence Kato, n'était pas disponible dans l'immédiat. En 2020, un rapport remis au gouvernement avait constaté que l'Agessa n'avait pas prélevé durant 40 ans les cotisations retraite de 190 000 de ses assujettis, les privant ainsi de droits à la retraite. Le gouvernement avait mis fin au problème en 2018, avec un décret qui charge (depuis le 1ᵉʳ janvier 2019) l'Urssaf Limousin du prélèvement de toutes les cotisations. Mais nombre d'auteurs se découvrent aujourd'hui privés de pension à cause des dysfonctionnements du pilotage de l'Agessa et, selon les auteurs, « de l'inaction de l'État durant des décennies ».

Source : Livres Hebdo 

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