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12 mai 2024

Prix suisse du livre jeunesse à Fanny Dreyer et Victoire de Changy

Fanny Dreyer et Victoire de Changy ont remporté le Prix suisse du livre jeunesse pour leur album «Collections». Le prix, assorti de 10'000 francs, a été remis samedi, par l’Institut suisse Jeunesse et Médias (ISJM) le Schweizer Buchhandels-und Verlags-Verband (SBVV) et les Journées Littéraires de Soleure, ont indiqué ces organisations dans un communiqué

Les arguments du jury  sont :
« Le jury a été séduit par la complicité artistique qui se dégage de cette œuvre. L’écriture poétique de Victoire de Changy et les illustrations subtiles de Fanny Dreyer nous plongent dans les sensations profondes de nos relations affectives aux objets. Chaque collection, présentée sous la forme d’un tableau animé, évoque le monde de l’enfance tout en lui apportant une lecture créative. L’originalité de cet album éclaire notre rapport au temps et à l’espace, elle fait battre le cœur des enfants au rythme de leurs passions. »

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11 mai 2024

Deux octogénaires inculpées pour s'en être pris à la « Magna Carta » à Londres

Deux octogénaires du groupe écologiste Just Stop Oil ont été inculpées samedi pour avoir endommagé la veille la vitrine protégeant un exemplaire de la Magna Carta, texte fondateur de la démocratie moderne, exposé à la British Library à Londres. Une vidéo diffusée par le groupe, coutumier des actions spectaculaires, montre les deux dames attaquant l'épaisse vitre en frappant au marteau sur un burin.  Les deux militantes ont été rapidement interpellées. Elles ont été inculpées samedi pour « dommage criminel » et libérées sous caution. Elles doivent comparaître devant la justice à Londres le 20 juin.
La British Library détient deux des quatre exemplaires conservés de la Magna Carta, texte de 1215 établissant que le roi et son gouvernement ne sont pas au-dessus des lois.

« Ce document traite de l'Etat de droit, et de l'opposition à l'abus de pouvoir. Notre gouvernement enfreint ses propres lois », déclare Judy Bruce, 85 ans, dans la vidéo de Just Stop Oil.

«Je suis chrétienne et je suis forcée de faire tout ce que je peux faire pour atténuer les souffrances épouvantables qui arrivent et sont déjà là », enchaîne ensuite la révérende Sue Parfitt, 82 ans.

Selon Just Stop Oil, qui milite pour que le gouvernement établisse un plan pour mettre fin à l'utilisation des énergies fossiles d'ici à 2030, les deux octogénaires se sont ensuite collé les mains entre elles.

La British Library a indiqué que les deux militantes avaient causé des « dégâts mineurs » à la vitrine, sans endommager la Magna Carta. La « galerie des trésors » où est exposée la Magna Carta a été fermée.

Source  : Le Journal de Saône et Loire

9 mai 2024

Dans les bibliothèques de New York, succès de la suppression des amendes de retard

En octobre 2021, les bibliothèques publiques de la ville de New York ont décidé de supprimer les amendes infligées en cas de documents rendus en retard. Cette décision faisait suite aux effets délétères de ces sanctions qui bloquaient la carte de bibliothèque des usagers, entraînant une baisse de la fréquentation des établissements. Aujourd'hui, les responsables des établissements de la ville ont dressé un bilan positif de cette initiative dans le média The City : ils constatent une augmentation des inscriptions et du nombre de documents empruntés. 
"Nous avons constaté que les amendes n'encourageaient pas les retours, mais empêchaient les personnes qui avaient le plus besoin de nos services gratuits et de l'accès aux connaissances que nous proposons d'entrer", indiquent les responsables des établissements de la ville dans une déclaration commune.

A titre d’exemple, plusieurs bibliothèques publiques de la ville mettent en avant les résultats de la suppression des amendes, trois ans après son instauration : 

  • La bibliothèque publique de Brooklyn (BPL) reçoit au moins 25 % de nouvelles demandes de cartes en plus chaque année ;
  • La bibliothèque publique qui couvre Manhattan, le Bronx et Staten Island bénéficie de la même augmentation que Brooklyn, mais également d’une hausse de plus de deux millions du nombre de documents de succursale en circulation entre l'exercice 2022 et 2023 ; 
  • La bibliothèque publique du Queens profite d’une augmentation du nombre de visites en personne à hauteur de 47 %. 

Source : Archimag

8 mai 2024

L'intelligence artificielle pour traduire les mangas proposée par une entreprise japonaise

C'est une nouvelle qui ne va pas faire plaisir à ceux qui s’échinent pendant des années à apprendre la langue japonaise dans le but de devenir traducteurs de mangas. Le métier risque d’être, sinon laminé, du moins grandement amputé par l’intelligence artificielle. Des éditeurs et le gouvernement japonais poussent en effet pour accélérer la diffusion numérique des mangas à l’étranger grâce à l’IA.  

L’objectif est d’emblée clairement énoncé : traduire des mangas très vite, à très bas prix et en très grande quantité grâce à une intelligence artificielle dédiée. Cette initiative d’une petite société japonaise appelée Orange (se prononce orenji en japonais), est soutenue par l’un des plus grands éditeurs de manga nippon, Shogakukan, et un fonds dépendant du ministère de l’Industrie.

Sur un patrimoine de quelque 700 000 volumes de mangas, "trop peu", environ 2%, sont traduits en anglais selon Orange. La société veut proposer 500 nouveaux tomes en anglais par mois, soit cinq fois plus que l’ensemble des traductions mensuelles dans toutes les langues. Orange proposera d’abord des traductions en anglais aux États-Unis, via une plate-forme numérique appelée emaqi qui sera installée cet été, puis d’autres langues suivront.

Le total des mangas disponibles dans la langue de Shakespeare devrait ainsi grimper à 50 000 d’ici 5 ans. Officiellement, il s’agit aussi de tuer l’activité des traductions pirates. Quant aux traducteurs professionnels, ils seront réduits au rang de correcteurs du travail de l’IA. 

Source  : France Info Culture 


 

8 mai 2024

Une histoire de fantôme offerte à chaque quatrième eurois

La grande aventure de la lecture se poursuit pour les collégiens de l’Eure ! Après les élèves de 6e qui ont pu découvrir Scordatura, le roman primé de Floriane Turmeau, c’est au tour des 4e de se voir offrir par le Département une occasion de plus de lire. Le Fantôme de Canterville, signé Oscar Wilde, est en train d’être distribué à 8 800 collégiens eurois.
Lundi 6 mai 2024, Alexandre Rassaërt, président du Département, Florence Gautier, vice-présidente, et Catherine Delalande, conseillère départementale, ont remis les premiers exemplaires de cette édition spéciale aux élèves du collège Cervantès à Vernon.

« En regardant une vidéo, vous voyez à peu près tous la même chose, n’est-ce pas ? », questionne le président. « Par contre, si vous lisez tous le même livre, vous n’aurez jamais les mêmes images en tête. La lecture développe votre propre façon de voir le monde, de l’imaginer et de le percevoir. Elle vous rend unique.»

Bien qu’un classique de la littérature, Le Fantôme de Canterville n’a pas son pareil pour séduire les adolescents d’aujourd’hui, et leurs désirs d’émancipation et de curiosité. L’écrivain irlandais délivre un conte grinçant relatant le choc des cultures entre la vieille Angleterre et la jeune Amérique. « Peut-être, ce livre ne vous plaira pas. Dans ce cas, ne vous découragez pas », poursuit Alexandre Rassaërt. « Si vous avez l’impression d’avoir un problème avec la lecture, c’est simplement que vous n’avez pas trouvé le bon livre. Allez dans une médiathèque de l’Eure, elles sont gratuites. Demandez conseil, choisissez un thème qui vous plaît. Vous aurez beaucoup plus de facilité à lire et vous lirez plus vite un ouvrage dont le sujet vous intéresse. Lire ne sera alors plus une contrainte.»

Avant la fin du mois de mai, tous les collégiens de quatrième auront reçu leur livre des mains des conseillers départementaux de leur canton. Le livre offert aux collégiens est une édition spécifique labellisée L’Eure de lire avec une couverture unique et un dossier de lecture en fin d’ouvrage. C’est un investissement de 20 000 € pour le Département qui a coeur de promouvoir la lecture auprès des jeunes. En plus des exemplaires distribués aux collégiens, 1 200 livres Le Fantôme de Canterville sont fournis aux enseignants, aux centres de documentation et d’information et à la centaine de médiathèques euroises.

Source : Site du Département de l'Eure

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7 mai 2024

Don de plus de 1000 livres au centre Jeanne d'Arc d'Orléans par une famille belge

C'est une histoire assez exceptionnelle qui s'est jouée ce lundi 6 mai à Orléans : la famille Van Baël, installée près de Bruxelles, est venue livrer à la maison Jeanne d'Arc d'Orléans un peu plus de 1.000 ouvrages relatifs à la vie et l'oeuvre de l'héroïne. Cette collection unique en son genre a appartenu à Jean-Charles Van Baël, un professeur de sport belge, décédé en 2019.

"Durant 25 ans, mon papa s'est passionné pour la vie de Jeanne d'Arc" explique son fils Jean-Michel, "à sa mort, j'ai commencé à chercher qui pourrait être intéressé en France et de fil en aiguille, je suis tombé sur Orléans et le centre de recherche". "Mon papa tenait vraiment à cette collection et on veut qu'elle serve encore"
Cette collection compte exactement 1.070 ouvrages dont la moitié ne figure pas aujourd'hui au centre de recherche orléanais.

"Il y a des livres très anciens du 17ème et 18ème siècle et des choses plus modernes comme Jeanne d'Arc pour les nuls. C'est très éclectique" reconnait le fils du collectionneur. Sur chaque ouvrage, Jean-Charles Van Baël avait pris le temps de faire un travail d'analyse et de résumé. "En plus des livres, il y a donc un inventaire exhaustif de 150 pages" insiste le fils.  "Notre but est vraiment que cette collection continue d'être lue et étudiée. Je pense que de là où il est notre papa doit être fier de ce que devient sa collection"

Pour l'instant, tous ces livres sont encore dans les cartons. Le centre de recherches Jeanne d'Arc va de nouveau les trier, les ranger.

"C'est quand même une très belle surprise" réagit Dominique Plancher, responsable du pôle histoire pour les musées d'Orléans. "Cette famille aurait pu tout vendre aux enchères et elle a préféré nous appeler pour que cette collection soit protégée".

Tous ces livres vont intégrer l'inventaire informatisé des médiathèques d'Orléans, ils seront donc accessibles pour tous les étudiants ou chercheurs qui travaillent sur Jeanne d'Arc.

"On a des chercheurs qui viennent du monde entier. Donc, c'est toujours important d'enrichir notre fonds". L'ensemble de la collection Van Baël a été estimée à 25.000 euros.

Source : France Bleu Orléans

 

6 mai 2024

Doruido : un manga audio à écouter gratuitement

France Culture met en ligne son premier manga audio "Doruido"  écrit par Élie Olivennes. Cette œuvre s’inspire du genre Shonen japonais. L’histoire est séquencée en 5 épisodes de 30 minutes chacun. L’enregistrement s’est déroulé comme un tournage de cinéma, hors les murs dans une ferme entourée de forêts en Normandie. Une quarantaine de comédiens choisis et dirigés par Christophe Hocké ont prêté leurs voix aux personnages principaux et à la multitude de monstres et de créatures féériques inventés par l’auteur. Sans oublier le Chacureuil qui pourrait bien devenir un animal fétiche à l’image de Milou dans les Aventures de Tintin. La musique composée par Nicolas Worms est également déterminante tant elle porte les situations, les transcende et nous plonge immédiatement dans un univers celtique et fantastique. Une chanson a été composée spécialement pour la série. Enfin, la post-production, phase la plus créative et la plus risquée, a nécessité à la fois un immense travail de recherche et de création. Ainsi Christophe Hocké, avec son équipe, a pu et su créer les principes et les codes de la première série audio de shonen-manga, à la fois prototype et œuvre à part entière.

 Voici l’histoire : "Ayden, un orphelin de 14 ans toujours accompagné de Phinx, son Chacureil, voit son existence bouleversée lorsqu’une araignée géante attaque son village. Avec l’aide de Liv et Od’, deux jeunes druides de passage, il enquête sur la créature. Il fait une troublante découverte : un démon surpuissant sommeille en lui depuis toujours. Désormais conscient du danger qu’il représente pour son entourage, Ayden quitte son village. Il suit ses nouveaux amis ainsi que leur maître, Tregòn, dans leurs aventures. Il est notamment attendu à la prestigieuse Académie des druides pour faire la lumière sur ses pouvoirs et sa véritable identité… "

Si vous aimez les mangas, vous pouvez l'écouter en cliquant ici.

4 mai 2024

La série jeunesse « Les Drôles de petites bêtes » à l'honneur pour ses 30 ans

Il y a trente ans, Antoon Krings donnait vie à « Mireille l’abeille », le tout premier personnage de ses « Drôles de petites bêtes ». Depuis, 72 autres animaux bariolés ont vu le jour sous le crayon de l’artiste et 21 millions d’exemplaires se sont vendus à travers le monde. Pour célébrer cet anniversaire, l’artiste et son cortège de petites bêtes font la Une de plusieurs événements estivaux. Du 24 mai au 13 juillet, les plus petits comme les adultes empreints de nostalgie sont invités à découvrir les premières esquisses de l’artiste, rassemblées dans une exposition à la librairie Gallimard. Des patchs, des puzzles et même des impressions d’art seront spécialement à la vente. Du 1ᵉʳ juin au 31 janvier 2025, le domaine national de Saint-Cloud met aussi cette création de plus de 30 ans à l’honneur en érigeant 20 panneaux dédiés dans le petit parc.

L’auteur et illustrateur jeunesse partira aussi, comme une rockstar, à la rencontre de son public sur l’ensemble du territoire. Par-delà les échanges et séances de dédicaces prévues, entre autres, à Chartres, Lille, Paris, Bastia, Rennes, Angoulême ou encore à Brive-la-Gaillarde, il présentera sa nouvelle protagoniste, Lily Pissenlit, au cœur d’un album à paraître le 23 mai. Un alphabet des drôles de petites bêtes suivra en août.  

Né en 1962, Antoon Krings grandit à Douai, bien que ses racines le relient – coïncidence amusante – au folklore nordique. Biberonné à la littérature anglo-saxonne, il passe des heures, enfant, dans le jardin de ses grands-parents, et dessine son émerveillement lorsqu’il scrute ce micro monde, à ses pieds. Encouragé par ses parents, il intègre l’école d’art Penninghen à Paris, qu’il quitte prématurément en raison de certaines mauvaises notes.

Après un séjour à Londres, l’artiste en herbe intègre le studio du styliste Emanuel Ungaro, auprès duquel il travaille cinq ans, avant de choisir la voie de l’indépendance. « Je ne voulais plus dessiner pour les autres, je voulais jouer ma propre partition, être à la fois le compositeur et l’interprète », confie-t-il dans un communiqué publié par Gallimard. Ses inspirations lui viennent de tous les horizons artistiques : les frères Grimm, Andersen, Marcel Aymé, comme les peintres Monet ou Dürer, les illustrateurs Grandville et Maurice Sendak. En 1990, il crée pour l’École des loisirs le personnage de Norbert, qui sera racheté par Hyperion, la maison d’édition de Disney. Trois ans plus tard, remarqué par l’éditrice Colline Faure-Poirée, Antoon Krings rejoint Gallimard Jeunesse où il crée Pickpocket : les aventures de Fennec le futé, récompensé de la mention spéciale du prix graphique à Bologne et porté à l’écran. L’artiste, qui n’a jamais égaré son âme d’enfant et n’a eu de cesse de cultiver son jardin imaginaire, dessine pour la première fois, en 1994, le visage rond de Mireille l’abeille et sa maisonnée abritée par un rosier. Après l’apidé féru de miel, Antoon Krings imagine Léon le bourdon, Siméon le papillon et de nombreuses autres créatures aux malices et caprices humains, dont la notoriété devient internationale. Pour leur donner du mouvement et ravir les enfants, une première série animée est diffusée en 2001. Quinze ans plus tard, l’auteur, dont le travail s’est imposé comme une référence de la littérature jeunesse, donne son nom à une médiathèque à Fourmies, dans le nord. En 2016, Antoon Krings co-réalise son premier long métrage, Drôles de petites bêtes, aux côtés d’Arnaud Bouron, qui sera suivi, en 2019, d’une seconde série animée produite par France Télévisions.

Source : Livres Hebdo

3 mai 2024

Recherche d'écrivains par une agence littéraire italienne

Une grande agence littéraire italienne ( TILA , The Italian Literary Agency ) s'adresse directement aux auteurs de moins de 35 ans, avec l'initiative « Call for Writers », qui fait partie du projet T-LAB.

Une agence qui représente de grands noms de la littérature italienne d'hier et d'aujourd'hui se penche donc sur le monde de #BookTok et Wattpad, et en général sur les tendances narratives qui ont enregistré de grands succès ces dernières années.

Dans la présentation du projet, nous lisons : « Nous savons qu'il peut souvent y avoir des obstacles entre une bonne histoire et sa publication. Et nous savons aussi combien il est difficile d'entrer en contact avec le monde de l'édition . Mais si vous avez moins de 35 ans et que vous ne savez pas par où commencer, cet appel est votre chance. Du 6 au 26 mai nous collecterons les 60 premiers textes reçus et les lirons ...".

Les personnes intéressées peuvent lire les détails ici : L'Agence littéraire italienne ne prendra en considération que les romans complets (donc pas les œuvres inachevées, ni les recueils de nouvelles, de poèmes ou d'essais). Les ouvrages publiés en autoédition ou sur des plateformes telles que Wattpad susmentionné sont également bons .

Il n’y a bien sûr aucune garantie : « Nous prenons le temps de lire et d’évaluer vos écrits. Si votre roman nous plaît, nous vous contacterons d’ici juillet pour explorer ensemble les pistes possibles. Dans le cas contraire, vous recevrez toujours des commentaires de notre part … ».

Source :  Il Libraio

2 mai 2024

Ressistance du livre et de l'édition au Liban

À nouveau aujourd’hui, l’effondrement financier conjugué à l’embrasement régional impacte tous les secteurs de l’économie. Déjà très fragile, le secteur du livre souffre particulièrement depuis 5 ans. La première année de la crise, entre 2019 et 2020, le chiffre d’affaires des maisons d’édition s’est effondré d’environ 70 %. Beaucoup ont mis la clé sous la porte. Ainsi, des 1 730 éditeurs recensés en 2000 au Liban, il en reste moins d’une quarantaine. Le premier défi, ce sont bien sûr les prix. Jusqu’ici, l’écrasante majorité des livres étaient imprimée à l’étranger et importée, mais avec l’inflation, ils sont devenus inabordables pour les Libanais. Un livre à 20 euros représente presque la moitié du salaire mensuel d’un militaire aujourd’hui au Liban. La première urgence pour maintenir le secteur à flot, c’est donc d’essayer de rendre à nouveau accessible un objet devenu un produit de luxe. Effectivement, les libraires libanais l’assurent, le problème n’est pas tant que les gens ne lisent plus, mais qu’il n’en ont plus les moyens. Alors, les 2 librairies francophones principales, qui sont aussi des maisons d’édition, rachètent les droits de nombreux livres avec le soutien de l’institut français de Beyrouth. Ce sont par exemple des titres de Bayard, Flammarion ou Hachette. Ensuite, ces livres sont imprimés ici. Résultat, en rayon, ils sont moitié moins chers qu’en France !
Cela concerne principalement la littérature jeunesse, car la demande est forte. De fait, une petite moitié des écoliers étudient encore au moins en partie en langue française. Ils ont donc besoin de manuels et aussi des livres aux programmes. Néanmoins, on trouve aussi, parmi ces livres, de nouvelles sorties littéraires. Par exemple, le dernier essai du franco-libanais Amine Maalouf, Le Labyrinthe des égarés, est vendu 11 euros à Beyrouth contre 23 euros à Paris. C’est pourtant exactement le même livre, la même qualité de papier et évidemment le même contenu.

Avec seulement 6 millions d’habitants au Liban, le marché local ne suffit pas. Néanmoins, cela a toujours été le cas et c’est d’ailleurs sûrement ce qui permet aux entreprises libanaises du livre de survivre encore aujourd’hui. Historiquement, Beyrouth est la maison d’édition du moyen orient. Cette position, la capitale libanaise, la doit à sa société multiculturelle, trilingue et aussi à la relative liberté d’expression et de création ici. L’État pratique toujours la censure mais elle est beaucoup moins sévère que dans la plupart des pays arabes. De plus, dans la région, le savoir-faire libanais en matière d’édition et de traduction du français et de l’anglais vers l’arabe reste encore très reconnu. Comme pour la plupart des arts, le principal débouché aujourd’hui, ce sont les pays du golfe qui organisent des foires internationales du livres très prisées et disposent aussi d’énormément de moyens pour financer la création. Le Liban continue de jouir de son image de pays cultivé, pont entre l'orient et l'occident. En tant que français, on a tous des dizaines d’auteurs libanais en tête comme Andrée Chedid, Dominique Eddé, Charif Majdalani, et dans la nouvelle génération, Sabyl Ghoussoub, prix Goncourt des lycéens l’an dernier. Si l’économie du livre est en grande difficulté, les écrivains, eux, continuent d’être très présents dans le paysage littéraire.
Ce qui sauve le monde du livre au Liban, c’est aussi peut-être une forme de nostalgie. La nostalgie de ce qu’on appelle ici « l’âge d’or » … Une période de prospérité largement fantasmée des décennies d’avant-guerre, dans les années 50-60, où l’on croisait Brigitte Bardot au bord de la piscine de l’hôtel Saint-Georges, ou Jean Cocteau au festival de Baalbek, image d’Épinal encore très présente dans l’esprit d’une certaine élite intellectuelle, même si en fait, plus personne ou presque, n’a vécu cette époque. Cela témoigne de la volonté de continuer à cultiver une forme d’exception culturelle libanaise, celle d’un pays qui, malgré l’effondrement et les guerres, continue de rayonner sur la scène artistique internationale

Source : France Culture

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