1faa6e5990e5740a473327d60e9cb25f_300x300Auteur : Jean-Pierre Ernst

Date de parution : 10/10/2005

Collection : le lecteur de l'imaginaire 

Editeur : Ouest-France 

Prix: 30 

ISBN : 2-7373-3692-9

Présentation:

Cet ouvrage nous présente la Bretagne visitée par un peintre haïtien, par les filtres de sa culture, de son imaginaire et de sa technique picturale. La luxuriance de la végétation, le choix des sujets et les étonnements de l'artiste... c'est un émerveillement et une nouvelle façon de regarder la Bretagne.
Chaque tableau est commenté par son auteur avec un texte dans sa langue, le créole, et en français.

Voici la vision de ce pientre de la Bretagne (extrait de la page 8):

Pour moi, la Bretagne c'est une histoire d'amour, de rencontre avec une autre planète, le bout du monde — un peu comme Haïti, la sentinelle de l'Occident. Dès mon premier voyage, j'en suis tombé amoureux ! J'ai été bouleversé par les merveilles qui se déroulent devant mes yeux en parcourant le sentier des douaniers : les plus grandes plages de sable que j'ai jamais vues, léchées par la mer, des falaises, des rochers partout aux couleurs et formes si variées qui ne cessaient de faire galoper mon imagination et la mer ... une mer d'huile sous une flamme soleil lors de mon dernier voyage même dans les endroits réputés agités comme la pointe du Raz ! Mais cette mer, plus tard, m'a révélé toute son énergie, voire sa violence : notamment la traversée d'Ouessant à Noël ! Pris comme dans un ouragan, j'ai revécu certaines peurs d'antan. J'ai été saisi par la splendeur et la diversité de la flore : la végétation tantôt luxuriante, voire quasi tropicale comme sur l'île de Bréhat, la forêt de Huelgoat, tantôt rase comme sur les Monts d'Arrée. J'ai été enivré par le mielleux parfum des éblouissants tapis de bruyère et d'ajoncs. J'ai été charmé par le doux chant des oiseaux dans l'arrière-pays et presque effrayé par le cri rauque des mouettes sur la côte. J'ai été caressé par le vent, bercé par son murmure. 

Voici un tableau de ce pientre et son commentaire (p 54-55):

Le lendemain, le temps était clément, j'entrepris de faire le tour de l'île à bicyclette et je suis retourné sur le lieu de la tempête du côté du phare du Creac'h. Il était toujours là, fidèle au poste, en train de surveiller la navigation et les pirates comme si rien ne s'était passé !ErnstJP_2 Alors que chez moi, après un cyclone tout aurait été dévasté : des maisons effondrées, des tôles projetées loin, des rivières sortant de leur lit, emportant tout ce qu'elles trouvent sur leur passage et le déversant dans la mer, l'eau des égouts jaillissant dans les rues, bloquant la circulation dans tous les sens et je ne vous dis pas le chaos sur la grand-rue (boulevard Jean-Jacques Dessalines). Une véritable calamité !

Le phare du Chreac'h

 

Nan demen, tan an te dous, mwen te pran fè tou zile a sou bisiklèt e mwen te tounen kote fa Kreyak bò kote ki te gen tanpèt la. Fa a toujou la, fidèl nan pòs li, l ap veye navigasyon ak pyrat kòm si an yen pa t pase ! Alòske la kay, apre yon syklòn tout bagay devaste : kay tonbe, fèy tòl jete byen lwen, dlo larivyè monte byen wo, pote tout sa l jwenn sou pasaj li at lage nan lanmè. Dlo twou rego djayi nan tout lari, bloke sikilasyon nan tout sans e mwen pa bezwen di w sak gen sou gran ri (Boulva Jan-Jak Desalin). Se yon veritab kalamite !

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