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Mercredi 3 janvier, un nouvel incident pousse l’exaspération de l’équipe à son comble. Un quart d’heure avant la fermeture de l’établissement, une quinzaine d’adolescents refusent de quitter la bibliothèque. Ils se livrent à des agressions verbales, des menaces, des jets de projectiles et agressent le vigile. "Nous avons été dans l’impossibilité d’établir un dialogue avec ces jeunes adolescents. Nous avons fini par nous confiner à l’intérieur de la bibliothèque, rideau de fer baissé", témoignent les professionnels dans leur lettre. La bibliothèque connaît également des périodes de très forte affluence, difficile à gérer par l’équipe et entraînant des nuisances, en particulier une utilisation massive des sanitaires, régulièrement fermés en raison d’un manque d’hygiène.

Dans une lettre envoyée jeudi 4 janvier à sa hiérarchie, l’équipe de la Bibliothèque Vaclav Havel, dans le 18e arrondissement de la capitale, alerte sur les violences et actes d’incivilité commis depuis des mois par des groupes d’adolescents qui fréquentent l’établissement. Les bibliothécaires demandent notamment l’octroi d’un poste de médiateur.


Depuis son ouverture en octobre 2013 dans ce quartier défavorisé de la capitale, l’équipe de la bibliothèque Vaclav Havel mène sans relâche un travail exemplaire sur le vivre ensemble et l’inclusion et pour offrir des services adaptés aux besoins des publics de ce quartier.
 
"Cette série d’événements commence à entamer l’énergie que nous déployons pour l’accueil de ces publics. Nous nous sentons démunis face à une telle tension", poursuit l’équipe dans sa lettre.
 
Les bibliothécaires demandent une reconnaissance de ces conditions difficiles par l’octroi d’un poste de médiateur ou d’éducateur, le passage durant la journée d’agents d’entretien, et une réactivité plus grande des services supports pour des interventions techniques de type toilettes bouchées. Ils demandent également une prime adaptée, même si la bibliothèque n’est pas reconnue comme étant située au sein d’une Zone Urbaine Sensible selon le découpage administratif.

"Ces revendications sont à la hauteur de notre investissement, estiment les bibliothécaires. Nous avons à cœur de pouvoir continuer à exercer notre métier avec plaisir et dans les meilleures conditions".

Source: Livres Hebdo