hôtel Arthur Rimbaud Paris

Aujourdui, journée  mondiale de la poésie, sera  inauguré le troisième hôtel littéraire parisien (pour découvir d'autre hôtels littéraires cliquez ici), dans le quartier de la gare de l’Est. Il se trouve 6 rue Goublier dans le 10e arrondissement. Il sera consacré au poète Arthur Rimbaud qui arriva à la gare de l’Est depuis Charleville-Mézières en 1871 pour retrouver son ami Paul Verlaine. 

Dès l’entrée, le visiteur est saisi par un plafond peint lumineux signé Jean Aubertin qui réinterprète « Le Bateau ivre » en un ciel constellé de symboles rimbaldiens mystérieux. Puis advient la rencontre avec le célèbre Rimbaud d’Ernest Pignon-Ernest, issu de sa sérigraphie sur papier journal qu’il avait collé sur les murs de Charleville et de Paris en 1978, lors d’une campagne d’affichage et dont très peu d’exemplaires ont été préservés. Notament sur les rideaux oùseront inscrits des poèmes  Les murs de l’hôtel sont parsemés de citations ou des reproductions de lettres manuscrites appartenant au fonds de la Bibliothèque Jacques Doucet, notamment des lettres écrites d’Harar ou d’Aden par Rimbaud à sa famille et même la lettre qu’il écrivit au poète parnassien Théodore de Banville pour lui envoyer ses premiers poèmes :

« Cher Maître,

Nous sommes au mois d’amour ; j’ai dix-sept ans, l’âge des espérances et des chimères, comme on dit.— et voici que je me suis mis, enfant touché par le doigt de la Muse, — pardon si c’est banal, — à dire mes bonnes croyances, mes espérances, mes sensations, toutes ces choses des poètes — moi j’appelle cela du printemps… »

La réception, dont les murs et les tapis sont décorés des symboles printaniers de champs de blé et de fleurs colorées, rappelle l’image du poète vagabond, « le piéton de la grand’route » :

Par les soirs bleus d’été, j’irai dans les sentiers,
Picoté par les blés, fouler l’herbe menue :
Rêveur, j’en sentirai la fraîcheur à mes pieds.
Je laisserai le vent baigner ma tête nue.

Je ne parlerai pas, je ne penserai rien :
Mais l’amour infini me montera dans l’âme,
Et j’irai loin, bien loin, comme un bohémien,
Par la Nature, – heureux comme avec une femme.

Arthur Rimbaud, « Sensation »